The House of the Rising Sun

Les fêtes de fin d’année étant passées, et avant de parcourir la côte est de la Tasmanie, nous faisons une petite incursion dans les terres, à Bushy Park qui est la capitale du houblon en Tasmanie.
L’histoire de cette plante (dont la fleur sert à aromatiser la bière) commence au cours du 19ème siècle avec l’arrivée des colons anglais. Les armoiries de la Tasmanie comportent d’ailleurs un blason représentant les symboles de l’industrie tasmanienne : une gerbe de blé, du houblon, un mouton et des pommes.
La plus ancienne brasserie australienne (la Cascade Brewery) a été fondée en 1824 et est encore en activité près d’Hobart.

On peut être amateur de bière et ne pas savoir à quoi ressemble le houblon avant de passer dans la tireuse, alors on vous met une photo du produit avant transformation, histoire de voir que c’est forcément bon, puisque c’est des plantes !

On peut voir de nombreux séchoirs à houblon en bois à l’architecture très spéciale. Ils ne sont presque plus utilisés de nos jours, le houblon étant transporté immédiatement après la récolte à la brasserie et séché avec des moyens modernes.

Malgré leur taille, ils ne sont pas forcément faciles à trouver car ils sont souvent sur des propriétés privées au bout de “gravel road” (par chez nous on dirait des chemins jaunes) et surtout pas du tout indiqués.

Celui-ci s’appelle ” Text Kiln” et, comme fièrement indiqué sur le mur, il fut construit par “E. Shoobridge, J.P aidé de son épouse, de ses trois fils et de ses cinq filles” Il fut achevé en 1867 et des citations comme “L’union fait la force” ainsi que quelques passages choisis de la bible “Et ces mots que je te commande aujourd’hui seront dans ton cœur et tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur ta porte” émaillent les murs et nous remettent bien dans le contexte de l’époque.
On vous a mis la camionnette-à-tout-faire devant (avec Martine à l’intérieur, si si) pour que vous puissiez aisément vous rendre compte de la taille (et de l’ampleur du boulot abattu par la petite famille).

Du coup avec la petite mare devant et la maison de l’autre côté, ça faisait un coin charmant et comme on était tout seul, ça ajoutait encore du charme à l’endroit.

Après une charmante balade en forêt le long d’un petit ruisseau (avec les petits zozios, les fougères arborescentes et tout et tout…), nous arrivons aux Russell Falls.

Les Russell Falls sont des chutes d’eau du parc national du mont Field qui est le plus vieux parc aborigène du pays.

On avait de la chance, il y avait de l’eau ce qui n’est pas toujours le cas en cette saison (quand ça arrive, tu trouves ça moyen de t’être farci le chemin pas si facile le long d’un ruisseau sans eau et sans avoir réussi à photographier un seul de ces zozios qui bougent tout le temps et tout et tout…).

On est reparti par un autre chemin mais toujours le long d’un petit ruisseau (avec les petits zozios, les fougères arborescentes et tout et tout…).

On a bien regardé, mais on n’a pas vu de crime, du coup on n’a rien dénoncé (ça tombe bien, on n’est pas trop rapporteur !)

Sur la route, on jette un coup d’oeil à la gare de Westerway construite en 1909. C’était le point de départ du voyage à dos de cheval jusqu’à la mine d’ osmiridium Adamsfield. Puis, quand l’industrie du bois est devenue plus importante dans la région, le chemin de fer a été utilisé pour transporter des grumes jusqu’à Hobart.
Le bâtiment a été restauré par des volontaires du Derwent Valley Railway (maintenant qu’ils ont fini pourquoi ne pas restaurer la maison située juste en face ? ça les occuperait ces braves volontaires).

Nous retrouvons le bord de mer pour rejoindre Port Arthur où se trouve notre camping, pour y passer une bonne nuit dans le confort (tout relatif) de notre camionnette-à-tout-faire.

Tout près de l’isthme Eaglehawk Neck, on trouve une formation géologique extrêmement rare ressemblant au pavage des anciennes voies romaines appelé le “Tessellated Pavement” qui est du à l’action de l’eau salée sur des roches sédimentaires (c’est la version courte, je tiens la version longue à votre disposition) . Ce site est l’un des plus remarquables au monde car on y trouve à la fois des pavés avec des “joints” qui ressortent (en fait les pavés sont plus érodés par la mer que les interstices) et des plaques avec des “joints” érodés où les roches sont en relief comme de très gros pains cubiques!

Ce qu’on voit dans le ciel ce n’est pas la fumée des joints d’avant ni des nuages, c’est la fumée d’un gros “Bush Fire” comme ils disent ici, un incendie de forêt quoi.

Comme ça faisait longtemps, mais que je passe mon temps à courir après ces oiseaux-là (qu’est qu’ils sont vifs ! J’ai fait un nombre incroyable de photos avec juste la queue, ou alors carrément ils ne sont plus déjà plus dessus) voici monsieur Blue Wren (Mérion superbe) à gauche et madame à droite.

Les couchers de soleil c’est plus facile (surtout quand c’est juste devant la camionnette-à-tout-faire).

On peut même mettre un arbre devant, ça fait ombre chinoise !

Au bout de la la péninsule de Tasman, Port Arthur est un lieu mondialement connu pour son ancien pénitencier.
Établi en 1830 comme scierie se servant de la main-d’oeuvre des bagnards, Port Arthur devient en 1833 une colonie pénitentiaire pour les prisonniers récidivistes issus de tout l’empire britannique, qui ne pouvait plus les envoyer en Amérique après la fin de la guerre d’indépendance.

12500 convicts (forçats) passèrent à Port Arthur durant les dix-sept ans où le bagne fonctionna, jusqu’en 1850. Parfois de très jeunes garçons, pour des peines allant de deux années à l’emprisonnement à vie. Vols à l’étalage, bagarres, alcoolisme, opinions politiques… Tout et parfois n’importe quoi pouvait justifier la déportation.

La prison n’est reliée à la Tasmanie que par l’isthme d’Eaglehawk Neck, un passage d’une trentaine de mètres, alors protégé par des gardes et des chiens qui formaient la “Dog Line” (18 chiens, rendus fous d’être constamment enchaînés, qui étaient hébergés dans des fûts ou dans des petites huttes, devant une rangée de lampes de quatre mètres de haut. Deux ou trois plates-formes construites dans la mer complétaient le dispositif). Tout autour, l’océan et des eaux infestées de requins. Le port était alors la seule possibilité d’évasion et c’est pour ça que les marins devaient déposer dans une consigne rames et voiles, lorsqu’ils arrivaient sur la presqu’île.

On appliqua à la prison de Port Arthur le modèle mis au point par Jeremy Bentham au centre pénitentiaire de Pentonville en Angleterre et qu’il décrivait comme étant “une machine à moudre les voyous en honnêtes citoyens“. Ce modèle incluait la réformation des prisonniers par le travail (construction navale, coupe du bois), la religion et l’éducation, avec de la discipline, des sanctions et des châtiments corporels, ainsi qu’un classement et une séparation.

Mais Port Arthur était bien plus qu’une prison. C’était une communauté complète avec une maison pour le personnel militaire et les colons libres qui y travaillaient, un complexe industriel produisant des matériaux (pierres ouvrées, briques), des marchandises (meubles, vêtements) et même des bateaux (150 sortirent du chantier naval) ainsi qu’une ferme en pleine activité. Le contraste était grand entre la vie des bagnards et celle des personnels civils et militaires (avec leurs familles) pour qui régates, fêtes et soirées littéraires ne manquaient pas. En 1840, Port Arthur devint même un important port commercial. On comptait alors à l’époque environ 2000 habitants.

En 1842, est construit un hôpital, puis en 1848, une deuxième prison, appelée “Prison séparée” avec ses quatre-vingt cellules, où les prisonniers étaient encagoulés et gardés au silence complet. Ils étaient appelés par leur numéro de cellule et n’avaient plus le droit de parler, ne devant s’exprimer que par signes, même aux gardes.

Ouverte en 1848, cette prison était le symbole de ce qui était alors considéré comme une approche plus humaine d’incarcération, où le châtiment psychologique remplaçait la flagellation.

En réalité, la vie à Port Arthur fut toute aussi brutale que dans les autres colonies pénales et de nombreux bagnards ont souffert de maladies mentales résultant de l’isolement. A tel point qu’en 1864, un asile fut construit pour les loger.

A compter des années 1870, le nombre de bagnards avait diminué de façon spectaculaire, et ceux qui restaient étaient trop vieux, malades ou fous pour servir de main d’œuvre “utile”. Le dernier bagnard fut déplacé en 1877, et le site fut renommé Carnarvon. Dans les années 1880, certaines personnes achetèrent des parcelles de terrain et créèrent une nouvelle communauté sur et autour du vieux site.

En 1895 et en 1897, des incendies dévastateurs firent rage dans la région, détruisant de nombreux vieux bâtiments, notamment le pénitencier principal. Dans les années 1920, les habitants de la ville se rendent compte du potentiel touristique du lieu et décident de reprendre l’ancien nom de Port Arthur.

Des bâtiments sont restaurés, le site est mis en valeur et un musée est érigé. En 1971, le gouvernement reprend possession du lieu et le classe parc national.
Aujourd’hui, Port Arthur est devenu le site le plus visité de Tasmanie et fait partie des patrimoines mondiaux de l’Unesco.

Après une journée bien remplie sur Port Arthur, le soleil se couche et nous aussi.

Le lendemain nous quittons la péninsule de Tasman pour remonter la côte est de la Tasmanie. Nous nous arrêtons voir la Tasman Arch qui est un pont naturel, du à un phénomène d’érosion de la falaise qui a débuté il y a environ 6 000 ans.

Juste à côté, on peut voir la Devil’s Kitchen. En fait quand l’arche de la Tasman Arch s’effondrera, ça fera une deuxième Devil’s Kitchen (si c’est pas de la vulgarisation ça…).

Et enfin, non loin de là, un de ces “Blowhole” (trou soufflant ?) qui ravissent les photographes patients. L’eau s’engouffre par un petit tunnel et quand la marée est montante, ça fait comme un geyser de l’autre côté. Bon là la marée descendait visiblement et on n’était pas plus motivés que ça, alors du coup le geyser il est plutôt anémique.

Reste que toute la côte est superbe avec une mer de Tasman d’un très beau bleu.
On se retrouve au prochain épisode à Triabunna ville trépidante de 796 habitants (en 2006) !

Allez Topette !

 

Happy New Year Hobart !

Après un vol Adélaïde-Melbourne calme, nous faisons une courte escale à Melbourne un jour de pluie (décidément, on aura toujours du mal avec Melbourne), puis nous prenons notre vol Melbourne-Hobart qui sera assez agité sur la fin (on commence à prendre l’habitude d’être secoués) et nous voilà les deux pieds (et le reste) en Tasmanie.

Si j’osais, je dirais qu’ils sont diablement accueillant en Tasmanie !

Avec 68 401 km² la Tasmanie est le plus petit état australien (sa taille est comparable à celle de l’Irlande). Environ la moitié de ses 511 718 habitants (en 2011) habite le grand Hobart.

Fondée en 1804 en tant que colonie pénitentiaire, Hobart est située à l’embouchure de la Derwent dont le vaste estuaire forme le port de la ville.
Ce port, qui est souvent considéré comme étant le plus profond port abrité de l’hémisphère sud, sert de base logistique aux expéditions antarctiques australiennes et françaises ainsi qu’au brise-glace français l’Astrolabe.

Après avoir déposé nos sacs dans un hôtel (catégorie “à éviter”) rempli de jeunes qui voyagent (le nez constamment sur leur smartphone) soi-disant pour apprendre l’anglais (mais qui ne savent toujours pas dire “good morning” ou “hello”en arrivant dans la cuisine commune), nous partons découvrir la ville. Ça tombe bien, c’était la fête !

C’était sur le port, décoré avec plein de couleurs, il n’y a pas à dire ils savent nous accueillir en Tasmanie !

Il y avait un cinéma de plein air qui faisait le bonheur des enfants et des parents.

Et puis il y avait à boire et à manger. On a fait comme tout le monde, on a bu et on a mangé !

Après avoir pris possession de notre nouvelle camionnette-à-tout-faire, nous sommes revenus en soirée sur le port. Nous y avons vu les bateaux de la course Sydney-Hobart.
Cette course à la voile partant de Sydney chaque 26 décembre (quelle belle journée !) et se terminant à Hobart fut créée en 1945.

En fait comme on était le 31 décembre, on venait pour voir le feu d’artifice (je sais, moi aussi j’ai des yeux et donc j’ai honte des photos mais franchement ce sont les moins pires !)

Il restait encore le sapin de Noël décoré sur le port, ni une ni deux on a fait le selfie devant (chinois sortez de ces corps !).

Un dernier coup d’œil sur le bassin et direction le camping, coucouche panier, papattes en rond (si vous ne connaissez pas cette perle musicale, régalez-vous, c’est cadeau)

Le lendemain nous sommes allés faire un tour à Richmond voir le pont, fort justement appelé le Richmond Bridge.
Ce pont à arches en grès est le plus ancien pont encore en service en Australie. Il fut construit de 1823 à 1825 par des bagnards qui transportèrent les pierres sur le chantier à l’aide de chariots à bras.

Puis direction le Museum of Old and New Art (MONA) d’Hobart. L’entrée, que l’on doit au designer Matthew Harding, est déjà surprenante car on a l’impression que la porte se situe au milieu d’un grand miroir sur le bord d’un court de tennis, qu’il faut traverser.
Après, tout se passe sur trois étages souterrains.

Juste avant l’entrée se trouve un immense endroit avec des sièges et un toit suspendu évidé en son centre qui donne l’impression que les nuages sont une peinture. C’est Amarna une installation lumineuse de James Turrell (bon, il faisait jour donc pas facile d’imaginer).
Ce musée qui a coûté 53,5 millions d’euros au millionnaire David Walsh (né en Tasmanie, il est atteint du syndrome d’Asperger et a fait fortune dans des sociétés de paris professionnels) lui sert à présenter sa collection privée.

Non loin se trouve une sculpture représentant un camion transportant une bétonnière, le tout grandeur nature, en dentelles d’acier découpées au laser qui est une oeuvre de Wim Delvoye.

A l’intérieur on peut voir la Fat Car de Erwin Wurm. C’est gonflé, non ?
Le bâtiment, créé par l’architecte Nonda Katsalidis, ne possède donc aucune fenêtre, ce qui installe une atmosphère particulière qui peut parfois devenir pesante.

le Snake de Sidney Nolan, l’un des peintres les plus réputés d’Australie, reprend l’un des thèmes de l’art aborigène, le serpent arc-en-ciel, avec une fresque murale de 1620 petits panneaux peints qui occupe un mur courbé, conçu pour l’accueillir.

Le dos de Tim Steiner, tatoué par Wim Delvoye, est une oeuvre qui a été acheté par un collectionneur d’art Allemand, Rik Reinking, pour la somme de 130 000€, dont Tim Steiner a touché un tiers. En acceptant cette offre, ce dernier a accepté qu’après sa mort, sa peau lui soit retirée, et encadrée.
Et en attendant ce jour, Tim Steiner doit aussi exposer le tatouage en restant assis torse nu dans une galerie au moins trois fois par an. L’exposition au MONA est la plus longue, une année entière pendant laquelle il pose cinq heures par jour, six jours par semaine.

Les poissons rouges de Jannis Kounellis nagent dans la bassine, ils se réfugient sous le couteau pour se cacher à chaque fois que quelqu’un s’approche, la lame protège l’animal tout en pouvant le couper.

L’oeuvre bit.fall de Julius Popp est une cascade commandée pour écrire des mots fugaces en gouttes d’eau qui tombent (extrêmement difficile à photographier, je ne vous dis que ça !).
C’est un travail sur la technologie et la perception humaine induisant la saturation de nos cerveaux avec des informations que nous ne pouvons pas traiter correctement.

Nous traversons une autre installation lumineuse (cette fois, on a la lumière) de James Turrell intitulée Beside Myself, et quand on est tout seul dedans, ça donne vraiment l’impression de flotter dans la lumière (non, on n’avait rien consommé d’illicite !).

Déroutant, souvent provocateur, parfois carrément obscène, le Mona est un musée extraordinaire (au sens hors normes) qui ne peut pas laisser indifférent.
Une des œuvres controversées qu’il abrite est Cloaca Professional, une machine à fabriquer des excréments conçue par l’artiste belge Wim Delvoye.

The human engine, de Toby Ziegler est une structure de plexiglass figurant une main légèrement dématérialisée flottant dans l’air, transparente, légère et creuse.

Un petit patchwork d’œuvres diverses (ça veut juste dire que j’ai la flemme d’en faire plus).

Et pour la route, on vous a mis un mur recouvert de poches en plastique pleines d’eau. Ça veut sûrement dire quelque chose, mais je trouve juste ça rigolo et ça me suffit.

On va arrêter là la visite du MONA qui dispose aussi d’une scène extérieure pour les événements musicaux.

Sachez qu’il y a plein d’autres œuvres qu’on ne vous a pas présentées (parce qu’elles peuvent parfois heurter comme “Cunts and other Conversations” œuvre provocatrice du sculpteur Australien Greg Taylor qui représente une série de sculptures de 151 vulves de femmes, ou ces deux squelettes animés en train de prendre du bon temps).
Il faudra donc y aller pour tout voir, et ça vaut le coup, on ne s’ennuie pas une minute dans ce fabuleux musée qu’on a adoré.

De retour au camping, je vous présente l’oiseau du jour : le Pardalote Pointillé.
A son sujet j’ai trouvé ce descriptif : “C’est l’un des plus petits (il fait de 8 à 10 cm de long) et des plus colorés passereaux vivant en Australie. Bien que moyennement fréquent dans l’ensemble des parties raisonnablement fertiles de l’Australie (côte est, sud-est et sud-ouest), il est rarement vu de suffisamment près pour permettre son identification“.

C’est bien la preuve qu’il ne faut pas croire tout ce qui s’écrit sur internet. Le notre, de Pardalote Pointillé, il se prenait pour David Contre Goliath en attaquant avec son bec notre camionnette-à-tout-faire.
On peut donc vous dire trois choses au sujet de cet oiseau. La première c’est donc qu’on peut le voir de très près. La deuxième c’est que le Pardalote est très têtu, voire teigneux. Et la troisième c’est que ce piaf de malheur est très matinal et qu’il attaque sa journée (et par voie de conséquence notre camionnette-à-tout-faire) dès cinq heures du matin.
On réfléchit sérieusement à changer notre éventuelle future carte de la LPO contre un bon vieux permis de chasse, parce que la camionnette-à-tout-faire on s’en fiche (elle n’est pas à nous) mais se faire tirer du lit à cinq du mat’ par un angry bird quand on est en vacances, on aime moyen !

Le lendemain nous faisons un tour à Battery Point, quartier d’Hobart aux airs de village anglais qui a su conserver de très beaux et imposants exemples d’architecture victorienne et georgienne.

Comme souvent, ce sont les détails qui attirent l’œil et donnent du charme à l’ensemble.

Le plus ancien quartier d’Hobart doit son nom à une batterie de canons, la Mulgrave Battery, installée en 1818 par les colons britanniques pour protéger la ville et son port.

Les jardins devant les maisons apportent de la verdure au cœur de la ville.

Cet ensemble de rues offre le charme d’un petit village où les cottages du 19ème siècle s’alignent sagement.
Bref, on est sous le charme. Mais c’est maintenant l’heure des retrouvailles !

Eh oui, on a retrouvé Rémy Bricka. Toujours pimpant le bougre !
Pour les moins de 50 ans, on vous met en bonus la vidéo de rattrapage :

C’était l’époque de la variété triomphante à la télévision (et comme il n’y avait que trois chaînes et pas internet, c’était un peu facile de vendre n’importe quoi !)

Mais ce n’est pas lui qu’on venait voir !

En fait, on avait rendez-vous avec Fab et Isa, deux passionnées de voyages (leur blog ici). Nous nous étions déjà croisé en Thaïlande lors de nos tours du monde respectifs, et nous étions allés les voir dans la charmante boutique qu’elles ont ouvert aux Sables d’Olonne.
Rendez-vous avait alors été pris pour une soirée en Tasmanie, et c’est avec un grand plaisir que nous avons mangé ensemble, en ayant des échanges que seuls les amoureux de voyages au long court peuvent comprendre !
On va quand même essayer de faire plus simple que traverser la moitié du monde pour passer une bonne soirée la prochaine fois !
Peut-être sur une aire de camping-car ?

Allez, Topette !

De tout un peu…

Comme on a toujours un poil de retard (certainement à cause de celui que j’ai dans la main), c’est de Tasmanie que nous rédigeons ce dernier article sur la fin de notre périple de Sydney à Adélaïde.
Après avoir parcouru la Great Ocean Road, nous quittons le bord de mer pour nous diriger vers les montagnes des Grampians à l’intérieur des terres.

Nous traversons la riante ville de Dunkeld, et nous ne résistons pas à l’envie de vous montrer son charmant bureau de poste, devant lequel nous avions fait halte pour déjeuner. Dans ces immenses régions, ce sont plutôt les gens qui viennent chercher leur courrier plutôt que le courrier qui va chez eux.

Les monts Grampians forment des chaînes de grès dissymétriques et sont très appréciés des campeurs, des marcheurs et des varappeurs.

Les monts sont protégés au sein du parc national des Grampians (d’une surface de 1700 km2) depuis 1984. Malheureusement, un gigantesque feu de forêt a détruit près de 50 % du parc en janvier 2006.

A l’issue d’un petit treck nous sommes arrivés aux Silverband Falls, mais celles-ci manquaient d’eau pour être au mieux de leur forme, contrairement à nous (on a bien dit forme et non pas formes !).

Mais, vous commencez à le savoir, notre truc à nous ce sont les animaux !

Et pour çà, notre camping situé dans la ville de Halls Gap était généreux ! Tout d’abord, une bande de Cacatoès Nasique labourait le sol à la recherche de nourriture (graines, bulbes, herbe, céréales mais aussi des insectes).

Et puis on avait bien vu à travers la palissade qui nous séparait du terrain d’à côté, que celui-ci servait de lieu de villégiature à un groupe de Kangourous.

Il y en avait des petits et des grands et du coup, le soir, la nuit et le matin ils essayaient de privatiser le camping !

Martine a même été obligée de parlementer avec l’un d’eux pour accéder aux toilettes et elle a bien compris, au ton du grognement de celui-ci, qu’il ne fallait pas qu’elle y revienne trop souvent !

Et juste après le petit déjeuner, voici qu’une famille émeu se présente à l’accueil du camping ! Je saute sur l’appareil et cours leur tirer le portrait.
Il est indéniable qu’au matin l’émeu est plus vif que moi, ce qui explique qu’ils soient de dos sur la photo !

Mais je tiens la distance et je suis arrivé à les remonter (j’ai un bon zoom aussi…).

Finalement on s’est rendu compte qu’ils étaient bien nombreux et qu’ils s’entendaient comme larrons en foire avec la tribu de kangourous voisine !

Il y en avait même des jeunes qui ont déjà l’air, comment dire ? Rêveur? pensif? Indéfinissable, on va dire !
Nous avons laissé tout ce bestiaire chez lui et nous avons repris prudemment la route.

Quand on vous dit qu’il y en a partout des kangourous, c’est vrai ! Même la DDE locale est au courant et prévient du danger (d’autant plus que les assurances australiennes ne prennent pas en charge les dégâts causés par un renversage de kangourou).

Nous arrivons à Mount Gambier où nous trouvons à nous loger au bord du lac qui s’appelle, allez savoir pourquoi, le Blue Lake. Ce lac qui se trouve dans la caldeira d’un volcan éteint est bleu cobalt de décembre à mars et gris métallique d’avril à novembre. Pour faire court, c’est une question de température de l’eau qui cause une précipitation du carbonate de calcium et permet la micro-cristallisation de celui-ci, produisant une dispersion de la longueur d’onde correspondant à la lumière bleue (non, ne me remerciez pas).

Et puis à Mount Gambier, il y a d’autres trucs rigolos qu’ici ils appellent des skinholes. Les anglophones qui nous lisent seraient tentés de traduire littéralement par “trou d’évier”, mais en français çà s’appelle des dolines (mais je ne suis pas sûr que ça aide davantage).

Une doline est un trou de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres de diamètre causé par l’érosion des calcaires de surface. L’eau s’infiltre par les fissures et les fentes de la roche puis, par dissolution, les fissures s’élargissent la surface se tasse créant une doline.

Leur fond est souvent occupé par des argiles de décalcification, fertiles et plus ou moins imperméables. La rétention locale d’eau qu’elle permet les rend propices au développement d’un microclimat spécifique et d’une riche végétation.


On y a vu des fleurs et des abeilles (sont des mots qui vont très bien ensemble, très bien ensemble…).

On a été voir un autre skinhole qui a la particularité de faire une cascade, mais il n’y avait pas d’eau. C’est pas grave nous on préfère le soleil.

L’hôtel central de Mount Gambier affiche un beau travail de ferronnerie.

Après avoir admiré de superbes maisons anciennes en pierre, ce qui n’est pas banal dans ce pays où le bois règne en maître, nous reprenons notre route.

Nous stoppons pour la nuit à Naracoorte (honnêtement, personne d’autre ne doit le faire) où nos goûts éclectiques nous poussent à aller visiter le musée du mouton. On y voit, mises en scène, les différentes étapes du travail du poil de cet animal laineux.

On a même vu un film de démonstration de la machine de droite qui est une tondeuse automatique. Je ne sais pas si cet engin a dépassé le stade du prototype, mais l’air ahuri du mouton sur la machine nous a plié de rire (c’est vrai qu’il en faut peu, et pour nous faire rire, et pour qu’un mouton ait l’air ahuri).

Dans ce musée, il y avait aussi une vieille école (c’est rigolo comme on se met à aimer l’école quand on n’est plus obligé d’y aller).

Et puis une vieille poste et téléphone qui nous intéresse pour des raisons filiales !

A Coolnalpyn, nous nous arrêtons pour admirer le silo à grains, décoré par un artiste australien, Guido van Helten et représentant des enfants du village.
Il y a plusieurs silos décorés à travers l’Australie, mais ils n’étaient pas forcément près de notre route, et les distances sont vite importantes dans ce pays.

C’est quand même un sacré talent de transformer un truc moche en oeuvre d’art !
Nous on adore l’art qui embellit la rue, la campagne et, du même coup, la vie.

Juste à côté du silo on peut voir une mosaïque des artistes Michael Tye et Marcia Camac dépeignant la flore et la faune locale dont notamment un “Blue Wren” qui me donne bien du fil à retordre pour avoir une photo nette !

Les hasards de la vie et de la route nous poussèrent jusqu’à Hahndorf, à une vingtaine de kilomètres d’Adélaïde.
Le village fut peuplé en 1839 par des Luthériens fuyant les persécutions religieuses en Prusse et a des relents de Bavière des antipodes.

Des boutiques qui vendent des coucous et des chopes à bière décorées, des restaurants qui servent de la choucroute sous un soleil de plomb, on se croirait vraiment en Allemagne !

Les bâtiments construits en pierre par les premiers arrivants sont toujours là, reconvertis en lieu d’exposition.

On n’est même pas surpris de voir une Porsche garée devant une maison dans un pays où, pourtant, les gros 4X4 sont la norme !

Là aussi les maisons sont souvent en pierre, ce qui n’est pas courant, et leur a permis de rester en bon état et au même endroit. En effet, ici on n’hésite pas à déplacer les bâtiments en fonction des besoins.

Au coin d’une rue une exposition d’art aborigène nous ramène en Australie !

Des indices subtilement disséminés dans le village nous rappellent que Noël approche et qu’il est prévu que nous le passions sur les hauteurs d’Adélaïde, dans un appartement plus confortable que notre camionnette-à-tout-faire.

Nous disons donc au revoir à ce charmant village dont la rue principale est superbement ombragée par deux rangées d’arbres centenaires (la municipalité d’Hahndorf étant visiblement plus écolo que celle d’Angers), ce qui était très appréciable avec des températures de 36°.

Et pour occuper vos longues soirées d’hiver, nous vous proposons de chercher quelle est la fonction de ce bel objet, vu à Hahndorf. Le lecteur qui trouvera le premier se verra offrir un lot de première importance que nous ramènerons spécialement dans nos bagages !

Devant la difficulté de trouver un camping ouvert le 25 décembre, nous avons donc choisi de passer Noël dans un appartement (merci AirBnB) situé sur les collines d’Adélaïde, avec une vue superbe.

On pouvait observer un beau Cacatoès Funèbre sur sa branche (à moins que ce ne soit lui qui nous observe ?).

Il fut remplacé par un Méliphage de Nouvelle-Hollande (changement de quart peut-être ?) pendant que nous faisions notre barbecue de réveillon.

On ne résiste pas au plaisir de vous montrer le soleil se coucher sur Adélaïde la nuit de Noël, faisant du même coup descendre agréablement la température.

Puis nous sommes allés à Birdwood, non pas pour y voir des oiseaux dans les bois, mais pour visiter le Motor National Museum. Je ne résiste pas au plaisir de prendre le volant d’une décapotable (ça me rappelle ma 307 CC) pour vous faire partager notre balade.

Tout d’abord la première voiture de la marque Holden, totalement inconnue en France, sortie en 1948. C’est la marque australienne, en fait une filiale de General Motors.
Aujourd’hui la gamme Holden est constituée de modèles Opel et Chevrolet, marques non disponibles en Australie.

Et puis deux Zeta. A l’origine de cette marque un fabricant d’électroménager qui a produit 3 modèles de voitures légères et très économiques entre 1963 et 1965. Un sacré visionnaire qui ne réussit à en vendre que 363 dont 28 du modèle sport (en vert). Pas assez gros, pas assez cher mon gars, on est en Australie !

Il y avait aussi des affiches publicitaires et des photos sympas.

Le mix affiche-voiture fait une mise en scène sympa. On aurait envie d’acheter !

Nous on adore ces vieilles voitures fabriquées à l’époque où l’esthétisme primait sur tout le reste.

Au rayon trucs marrants, une voiture téléphone des années 1980 (qui téléphonait vraiment quand elle était raccordée lors d’événements festifs), une voiture de Mad Max (un gars qui roulait beaucoup dans le coin) et deux petites Morris et Moke pour frimer à la plage.

Une spéciale dédicace pour un lecteur qui se reconnaîtra sans peine (mais celle-là les deux gars l’avait fait tout seuls pour faire le tour du pays).

Sûrement ma préférée (mais on n’a pas vu les barbus qui vont avec).

Par contre on a vu Tom Kruze qui avait garé son camion là-bas. Il a pris cher, dis donc !

Et une petite dernière qui ravira, nous n’en doutons pas, nos lecteurs amateurs de deux roues.

En repartant nous faisons une photo de l’école de Birdwood qui ravira, nous n’en doutons pas, nos lecteurs amateurs d’école.

Un deuxième passage à Hahndorf le temps de voir trois spécimens de Méliphage (Barbe Rouge, à Bec Grèle et de Nouvelle-Hollande).

On a vu le soleil se coucher, présage d’une nouvelle belle journée (ami Ricoré prépare-toi).

De retour a Adélaïde, un graph à l’entrée du marché nous a bien incité à y faire un tour (qui refuserait d’aller au paradis ?).

C’est vrai que c’était tentant, ces beaux fruits de saison : cerises, fraises, mangues, abricots, melons….

Du coup, comme on n’est pas à une contradiction près, on s’est attablé devant un Padthaï. Çà nous a rappelé un Noël passé en Thaïlande.

Adélaïde est la cinquième ville d’Australie par sa population (1.300.000 habitants) et c’est une ville que nous avons trouvée très agréable, verte et aérée.

Nous avons visité le très intéressant musée des migrants qui détaille et explique les migrations passées et présentes qui ont peuplé l’Australie.

Quelques beaux bâtiments majestueux (l’ancien parlement en haut à gauche, la bibliothèque nationale en haut à droite, l’université en bas à droite).

Différents styles se côtoient et le mélange est au final très plaisant.

On s’est fait un selfie dans une oeuvre d’art, c’est plus rigolo que le faire devant et ça fait moins chinois en vacances.

De l’art ou du cochon ? Les deux mon capitaine !

T’es sûr qu’on est à Adélaïde ou c’est le GPS qui fait encore des siennes ?

Et dans le parc juste à côté de l’hôtel, des Perruches Omnicolores sont venues nous souhaiter un bon vol vers la Tasmanie.

Bonne année à tous, nous on met cap au sud et on se retrouve au pays du diable !

Allez, Topette !