Quand t’es dans le désert…

Nous quittons Esperance et ses fabuleuses plages de sable blanc pour remonter sur Perth à 700 km de là (c’est rien à l’échelle du pays, mais c’est long avec une camionnette-à-tout-faire). Du coup on décide de le faire en deux fois (ben oui, on est en vacances quoi) et donc de s’arrêter à mi-chemin, en l’occurrence à Hyden, qui compte tout de même environ 281 habitants.

Et si une pause s’impose à Hyden, c’est pour voir la “Wave Rock”, falaise de granit ressemblant remarquablement à une énorme vague figée en plein mouvement.

La forme de ce rocher n’est pas due à un phénomène d’ondulation, mais à la lente érosion du granit par le vent et les eaux, bien que celle-ci ait commencé en sous-sol. La roche aurait été formée entre 2700 millions et 60 millions d’années auparavant.

Le Wave Rock mesure 15 mètres de haut et 110 mètres de long environ. Quand on monte sur le rocher, on a une belle vue sur les environs et on remarque, à un mètre du bord, un muret de 50 centimètres de haut permettant de récolter l’eau de pluie qui s’écoule jusqu’à un barrage situé plus bas.

On a vu quelques sympathiques habitants du cru qui se sont gentiment prêtés à la traditionnelle photo souvenir.

Nous avons fait halte pour la nuit dans un camping des environs immédiats de Perth, ce qui nous a permis d’admirer cette rutilante voiture bichonnée par son propriétaire, carrossier-peintre amateur ayant un sens aigu de l’harmonie des couleurs.

En poursuivant notre route, vers le nord cette fois-ci, nous avons fait une pause à Ledge Point, où nous comptions passer la nuit, ce que nous ne ferons pas, le camping manquant cruellement d’ombre (ben oui, chacun ses soucis de saison). Par contre nous y avons vu des Sternes Huppées avec leur coiffure dans le vent à la Nicola Sirkis. La tachetée est une juvénile (on parle de la Sterne, là).

C’est donc la riante ville de Cervantes (où un des 467 habitants a une drôle de façon de garer son vélo) qui aura la chance de nous accueillir pour la nuit dans son très beau camping, dont Martine profite aussitôt de la piscine (pas chauffée, quel courage !).

Un petit tour sur la plage au soleil couchant, c’est toujours agréable et ça permet des clichés faciles qui ravissent le photographe.

De bonne heure (et de bonne humeur) nous arrivons au désert des Pinnacles dans le parc national de Nambung. Ce site sacré aborigène contient des milliers de concrétions rocheuses calcaires, de différentes tailles et formes, qui surgissent du sol et dont les plus hautes peuvent atteindre quatre mètres.

On s’est mis au milieu pour donner une idée de la taille (ceux de 4 mètres on ne les a pas vus, ou alors on a bien grandit).

Le matériau brut du calcaire provient de coquilles d’êtres marins réduites en sables riches en carbonates, qui ont formé des dunes de sable très mobiles.

La manière dont s’est formé le matériau brut est encore sujette à débat. Trois théories, dont nous vous ferons grâce (on essaye de ne pas perdre le peu de lecteurs que nous avons), existent pour expliquer leur formation (ami curieux de ces choses, Google est ton ami).

Une empreinte de Kangourou signale que le désert ne l’est peut-être pas tant que ça, et la ténacité de la nature à essayer de faire pousser des arbustes force le respect.

Le Kangourou gris et le Cacatoès Rosalbin sont effectivement des habitués du parc naturel que nous croyons quitter après un dernier point de vue avec les dunes de sable blanc au loin.

Mais c’est une erreur, car au moment de démarrer la camionnette-à-tout-faire, celle-ci refuse tout net de nous rendre ce menu service. Visiblement un mouvement de gréve d’une partie du matériel (de gros soupçons pèsent sur la batterie) nous empêche de repartir. Les charmantes dames de la boutique du parc téléphonent pour nous à l’assistance routière (il faut reconnaître que c’est plus simple de passer par un intermédiaire physique, notre australien étant basé à 50% sur la gestuelle), et une heure et demie plus tard un charmant mécanicien nous démarre le véhicule. In the car Simone, comme disent les anglophones et c’est reparti !

Cet intermède nous avait laissé le loisir d’admirer une inflorescence de Banksia Prionotes, (des centaines de petites fleurs individuelles disposées autour d’un axe cylindrique) et une oeuvre d’art en métal disposée à côté de la boutique.

Roulant toujours prudemment pour préserver la wildlife (et la caution de la camionnette-à-tout-faire par la même occasion), nous poussons un peu plus au nord.

Jurien Bay doit son développement aux écrevisses (également connues sous le nom de langouste de l’Ouest) qui abondent dans la région. Des jetées ont été construites pour cette industrie (la vieille jetée ou ce qu’il en reste à droite).

La construction de la route “Indian Ocean Drive” ayant permis d’accéder plus rapidement à la région de Perth, la ville est devenue une destination de vacances prisée et sa population augmente, générant un boom de la construction.

C’est vrai que ça a l’air cool en cette saison, après la fin des vacances scolaires (c’est très agréable quand il n’y a presque plus personne, surtout que les australiens ont la furieuse tendance à aller avec leur voiture jusque sur le sable).

Du coup, les Huîtriers à long bec sont tranquilles sur la plage pour casser la croûte.

Le lendemain nous passons par Lancelin admirer les superbes dunes de sable blanc. Ça fait un peu Sahara, mais en blanc.

Du coup les australiens, malins, ont inventé le sandboard. C’est comme le snowboard, mais au lieu de dévaler des pistes de neige, on dévale des dunes de sable sur des planches qu’un peu louer à l’entrée. Si on n’est pas écolos on peut aussi louer des quads, ça évite d’avoir à marcher pour aller en haut des dunes.

Notre bilan carbone étant déjà déplorable à cause des avions pour venir et de la camionnette-à-tout-faire qui est gloutonne, on s’est contentés d’un selfie (d’un autre côté on n’a pas non plus de prétentions écolo).

Nous reprenons notre route pour nous installer au camping de Coogee, là où nous avions passé une semaine de glandage en début de mois (autant dire qu’on y a nos petites habitudes). Après une nuit de repos dans le confort (somme toute très spartiate) de la camionnette-à-tout-faire et après une agréable matinée passée en occupations diverses (pas grand chose à vrai dire), notre batterie semble de nouveau à plat, puisque le tournage de la clé de contact ne génère absolument aucun bruit ni l’allumage d’aucun voyant.
La gentille dame de l’accueil du camping téléphone donc pour nous à l’assistance routière mais s’entend répondre qu’il faut rappeler le lendemain matin à 8h30 car il est trop tard dans la journée (c’est vrai qu’il est 14h00, ça risquerait de mener tard cette affaire).
Le lendemain à 9h30 (après bien sûr un appel dès 8h30), un nouveau charmant mécanicien nous démarre le véhicule et nous conseille d’aller chez le loueur changer la batterie, conseil que nous suivons aussitôt, et roule petit bolide !

Du coup, redevenus mobiles, nous partons à Fremantle pour fêter ça !

Un bon fish and chips et pain à l’ail sur le port avant de partir en ballade dans cette agréable ville.

On fait à nouveau en passant un petit bonjour à Bon Scott, et une caresse à son chien (peut-être, on n’en sait rien) et direction le Shipwrecks Museum.

Le Shipwrecks Museum (musée des épaves en français) est abrité dans d’anciens entrepôts de pierre des années 1850 (sur la pelouse desquels les écoliers s’amusent le midi avant de s’instruire).

On peut y voir des morceaux d’épaves et notamment les vestiges du Batavia, un navire marchand néerlandais qui fit naufrage à 400 km de Perth.
Je ne sais pas si c’est parce que c’est la fin du voyage ou parce que le fish and chips était trop copieux, mais on n’a pas trop accroché à ces histoires d’épaves (ou d’archéologie maritime comme ils disent). Du coup on est partis se baguenauder en ville.

L’œuvre de droite est inspirée de la brise marine surnommée “Fremantle Doctor” et les éléments au sommet des poteaux tournent dans le sens du vent. Le message sur la vitre de droite dépolie est plus transparent.

Un passage chez le disquaire nous apprend que la mode actuelle du vinyl risque d’être supplantée par le retour de la cassette audio ! (ils vont avoir du mal à nous vendre une meilleure qualité sonore sur ce coup-là, parce que c’est quand même dur de faire pire).

Un focus sur deux disques, un de Téléphone répertorié “French Pop” (ça remet bien les choses en place) et un des Bay City Rollers (là c’est personnel, je ne m’étendrais pas davantage).

Le retour en bus nous a appris qu’on peut être moine bouddhiste tout en étant accro à candy crush (difficile de se débarrasser de ses addictions matérielles, visiblement).

A propos de drôles d’oiseaux, un arbre du camping servait de perchoir à un superbe Nankeen Night-Heron que l’on appelle en français un Bihoreau Cannelle. C’est fou le nombre d’animaux qu’on a vu tout simplement dans les campings !

Le soleil couchant est toujours plaisant à regarder à Coogee (ça doit être pour ça qu’on y est bien et qu’on y revient).

Même les mouettes sont parties se coucher, ils ne reste plus que les bateaux (qui eux ne se couchent pas, ou alors c’est très mauvais signe).

Le lendemain, nous partons visiter Perth, la capitale de l’État d’Australie-Occidentale. Située sur les rives du fleuve Swan cette ville de 2.021.200 habitants (en 2014) est la quatrième ville d’Australie.

Fondée en 1829 Perth est l’une des villes de plus d’un million d’habitants les plus isolées au monde. La ville de taille similaire la plus proche est Adélaïde, qui est à 2104 km. On peut y voir de vieux bâtiments…

Et des bâtiments modernes notamment la “Swan Bell Tower” (de chaque côté sur la photo) qui renferme un ensemble de 18 cloches suspendues dans un campanile en cuivre et verre de 82,5 mètres.

Et puis souvent un mélange ancien-moderne pas forcément toujours heureux à notre goût (et puis ce n’est pas comme s’ils manquaient de place dans le pays, ils peuvent s’étaler tout ce qu’ils veulent).

Parfois il reste juste une façade comme celle de ce “Railway Hotel” qui n’héberge plus que des courants d’air.

Le pont piétonnier et cycliste d’Elizabeth Quay est quant à lui une réussite architecturale. Il est en forme de S, suspendu à deux arcs paraboliques et mesure 22 mètres de haut pour 5 mètres de large.


Quelques détails de ce que nous avons remarqué (pour une fois qu’ils écrivent Georges avec le S de la fin, ça interroge).

Des murs peints, ça égaye toujours une ville.


On a vu des belles fleurs (c’est toujours pas nous, les fleurs) et un jeune Cormoran noir.

On a vu aussi des gars qui n’ont pas un métier facile (mais pas de chef sur le dos, visiblement).

On a vu une belle voiture et encore un gars qui remplace un feu rouge (on en a vu sur toutes les routes de ces ouvrier(e)s qui font la circulation pendant les travaux : un(e) à chaque bout avec un talkie-walkie, c’est plus sympa qu’un feu rouge et ça fait de l’emploi).

Une photo de la Team Topette ! qui a bonne mine en cette fin de vacances (c’est pour ça qu’on part longtemps, c’est bon pour notre santé).

Un dernier regard sur la skyline de Perth en longeant la Swan River sur laquelle nous voyons une pêcheuse (pécheresse ?) et une méduse. On a aussi vu des dauphins, mais ils étaient trop rapides pour moi, donc il n’y a pas de photo (sniff).

Tiens, c’est marrant, on dirait l’Italie…

Cottesloe est une banlieue huppée de Perth, dont les cafés et les glaciers offrent une vue sur une plage de sable, prisée pour les sports nautiques.

Les sauveteurs veillent au grain….

Les écoliers se succèdent dans l’eau par classes successives (des classes de mer ?)…

Les coquillages pourraient se ramasser à la pelle.

Une oeuvre d’art sur la plage, un surf rescue, un australien qui fait du paddle avec son chien, l’autralian way of life quoi.

Et puis, il faut bien dire que la plage de Cottesloe est quand même très très très sympa.

C’est sur cette belle plage que nous terminons le blog de ce voyage de cinq mois.
Il nous a vu parcourir la Nouvelle-Zélande de l’île du Sud, que nous ne connaissions pas et qui nous a littéralement envoûtée (pas facile de trouver mieux, on pense), à l’île du Nord qui a confirmé tous les coups de cœur que nous avions eus lors de notre tour du monde (ah, Russell…..).
Et l’Australie qui nous a régalée avec sa faune abondante et surprenante (notamment en Tasmanie) avec des coins inattendus (Harndorf, Raymond Island, Lucky Bay…).
Et puis le plaisir de croiser des gens qu’on connaissait déjà (Sébastien et Lise, Fab et Isa) ou qu’on n’avait jamais rencontrés mais qui ont fait preuve d’un grand sens de l’accueil et de gentillesse (Liz et Steeve, Fiona).
C’est tout ça les voyages au long court, et on espère que vous avez pris plaisir à nous lire et que vous avez, un peu, voyagé avec nous.

La route se termine là, mais on essaiera de vous faire un petit résumé en images des trois derniers mois.

Allez, Topette !

 

On dirait le sud

Chassez le naturel, il revient au galop dit-on. Donc, après cette bonne semaine relax (finalement c’est peut-être ça mon naturel), la bougeotte nous reprend et nous mettons cap au sud avec notre fidèle camionnette-à-tout-faire.

220 kms plus loin, les 15386 habitants de Busselton nous accueillent (non, je plaisante) fiers de posséder la plus longue jetée en bois de l’hémisphère sud, avec ses 1841 m, et qui est classée au patrimoine mondial. Ça en jette !

Sa construction commença en 1864, et fin 1865, la jetée était achevée avec 176 mètres de long. L’augmentation du trafic maritime conjuguée à une faible profondeur d’eau rendirent nécessaire l’extension de cette jetée en 1872 puis en 1875 et enfin entre 1884 et 1896. En 1911 une ligne de chemin de fer est ajoutée sur la jetée et en 1960 une dernière extension de 16 mètres a lieu pour atteindre les 1841 mètres actuels.

En 1972, la jetée de Busselton était fermée en tant que port maritime et le projet gouvernemental de sa démolition généra une vive opposition. Bien que fortement endommagée en 1978 par le cyclone Alby la première grande reconstruction a eu lieu en 1990. En 1999, un grand incendie la détruisit, isolant les 150 derniers mètres. En 2010, débuta le chantier de rénovation et l’année suivante, la jetée a été rouverte au public.

Au bout de la jetée, après un agréable trajet en petit train électrique, un poteau indicateur nous rappelle qu’on est à 14300 Kms de Paris. C’est sûr on ne sera pas rentré avant la nuit !

Bon, en fait si on va au bout de la jetée, ce n’est pas pour le panneau indicateur mais pour voir sous l’eau sans se mouiller. En effet il y a été construit un des six observatoires sous-marin  du monde, ce qui permet de découvrir, à 13 mètres de profondeur, plus de 300 espèces marines vivant autour de la jetée (notamment un beau poulpe au milieu).

De retour au camping, (celui avec la piscine chauffée, mumm) il s’est mis à pleuvoir de l’opossum ! En effet cette brave bête (qui vit surtout la nuit) a brusquement chuté de l’arbre qui ombrageait très agréablement notre camionnette-à-tout-faire et à deux mètres de Martine (ç’aurait pu être un accident peu banal). Était-il en train de rêver ou essayait-il de changer de branche ? Toujours est-il qu’il est resté un petit moment un peu sonné avant de remonter prestement chez lui.

Aucun rapport, mais vu à Busselton une variante du mode d’emploi des WC à l’attention des visiteurs chinois (et uniquement pour eux, l’alibi de la traduction n’étant même plus utilisé) et un magnifique tricycle (pour aller faire les courses chez Unico, visiblement) qui plairait beaucoup à Martine (qui, justement, fait ses courses chez Super U) s’il était électrique.

Quittant Busselton en direction du sud, nous faisons un treck (désagréable au possible car au milieu de milliers de mouches) autour du phare de Cape Naturaliste qui va se refaire une beauté. Puis nous admirons la belle plage de Yallingup.

Une pause pour la nuit au camping de Margaret River (haut lieu de la viticulture australienne, ce qui offre très peu d’intérêt quand on ne boit pas de vin) nous permet de vous montrer l’équipement type du campeur australien : pick-up 4*4 tractant une caravane surélevée, multiples bidons d’essence et d’eau, panneau solaire, caisse à outil de compétition, barbecue et un matériel de camping impressionnant. Tout ça pour se garer à côté de notre petite camionnette-à-tout-faire dans les campings. Sacrés aventuriers, va !

Un arrêt sur la belle plage de Surfers Point, pour voir s’il y en avait.

Visiblement les conditions étaient bonnes et les beaux surfers étaient sur la vague (il parait que les surfers sont par définition grands, beaux et blonds, comme les suédoises quoi…).

La plage d’Hamelin Bay est magnifique très loin d’être surpeuplée, et son eau est d’un beau turquoise !

Le phare de Cape Leeuwin, qui est le cap le plus au sud-ouest du continent australien, a été construit en 1895 avec des pierres calcaires locales peintes en blanc. Ses sept étages sont reliés par un escalier de 186 marches. Au bout de ce phare, se rejoignent les océans Indien et Austral.

Sa construction nécessitant de l’eau, il fut construit un espèce d’aqueduc en bois terminé par un système de roue à eau située en contrebas qui entraînait une pompe pour envoyer l’eau jusqu’au phare. Après la mise en service de celui-ci, cela permis aux gardiens de disposer d’eau. Maintenant la roue est pétrifiée par les minéraux présents dans l’eau.

Je vous ai mis le panneau explicatif, car je crains d’avoir été moins clair que l’eau de roche.

Notre halte au camping d’Augusta nous permet de vous faire partager un autre type de campeur australien, celui qui ne s’est jamais vraiment remis de la période baba-cool, mais avec beaucoup, beaucoup, beaucoup plus de matériel quand même (on est australien ou on ne l’est pas).

C’est aussi l’occasion de voir quelques beaux oiseaux, comme cette Colombine Lumachelle (appelée ici Common Bronzewing) qui passe sa journée sur le sol pour se nourrir et ne s’éloigne jamais très loin d’un point d’eau car elle doit boire souvent.

Et puis bien sûr le Kookaburra qui est un oiseau iconique de l’Australie. En français on l’appelle Martin Chasseur Géant d’Australie, et je ne résiste pas à vous mettre ci-dessous un extrait sonore de son cri.

Étonnant, non ? Comme disait l’aussi marrant Pierre Desproges.

Ça ne fait pas marrer les Pélicans à Lunettes qui se la pètent un peu, je trouve, tout ça parce qu’ils ont le plus grand bec d’oiseau connu avec une longueur record de 50 cm.

Nous nous arrêtons ensuite dans la riante bourgade de Pemberton (757 habitants) pour voir le fameux “Gloucester Tree” agé de plus de 250 ans. Cet arbre est muni d’une plate-forme de guetteurs de feux de forêt située à 61 m du sol à laquelle on peut accéder grâce aux 153 pieux fichés dans son tronc formant une sorte d’escalier qui monte en spirale autour de lui (du coup c’est chacun mon tour car on ne peut pas se croiser ni dans un sens ni dans l’autre, et la sécurité brille par son absence). Promis, dès qu’ils installent un ascenseur, on vous ramène une photo de là-haut !

On s’est contenter d’une petite balade au milieu de ces grands arbres qui s’appellent des Karri. Il s’agit d’une espèce d’Eucalyptus poussant dans les régions les plus humides du sud (environ 1 400 millimètres de pluie par an). Ces arbres peuvent vivre jusqu’à 350 ans, parfois plus. Ils atteignent leur taille maximale à environ 75 ans.
Ça nous a permis d’apercevoir une Perruche à Oreilles Jaunes (comme si les perruches avaient des oreilles, n’importe quoi ces noms de piafs).

Un peu plus loin, on est allé voir le Giant Tingle Tree. Avec une circonférence de 24 mètres à la base de son tronc, il s’agirait du plus large eucalyptus du monde. Son trou béant a été créé par un feu auquel il a survécu.
Il y a quelques dizaines d’années, il y avait un Red Tingle que les voitures étaient capables de traverser (il existe une photo avec un combi Volkswagen le traversant). Mais véhicules et piétons ont fini par endommager les racines de cet arbre géant, qui est mort en 1990.

La promenade au milieu de ce qu’il est convenu d’appeler la “Vallée des Géants” est très agréable. Ces arbres n’existent nulle part ailleurs en Australie, ni dans le monde entier, et certains d’entre eux ont plus de 400 ans. Les Tingle Trees figurent parmi les arbres les plus hauts du monde et certains atteignent jusqu’à 16 mètres de circonférence à la base.

Même si la photo est moyenne, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer le Mérion de Lambert (Superb Fairy Wren) qui est un oiseau magnifique dans sa parure nuptiale. Les mâles changent de couleur en remplaçant les plumes brun terne par des bleu vif, des noires et des indigo avant la reproduction, puis redeviennent marron une fois la saison de reproduction terminée. Le but est de plaire aux femelles qui choisissent de préférence les mâles les plus colorés, mais être bleu est très risqué quand on est un petit oiseau facilement repérable par les prédateurs ! (ah, l’amour nous rend prêts à toutes les folies !)

Au camping de Denmark où nous faisons halte pour deux nuits, ils doivent savoir que nous aimons les animaux. Le comité d’accueil est composé de quelques Canards à Crinière, un groupe de Perroquets Rosalbin en train de refaire la pelouse devant les sanitaires et des Perruches à Collier Jaune (les déjà vues “Twenty Eight Parrot”).

Et aussi des kangourous qui se sentent déjà bien à l’aise parmi les tentes quand on est en pleine journée…

Du coup à la nuit tombée, il faut faire attention de ne pas en bousculer un quand on descend de la camionnette-à-tout-faire ! (Non, le rond blanc sur le premier kangourou ne provient pas de la visée d’un fusil à lunette, mais c’est le reflet de la lumière qui entoure le neiman de la camionnette-à-tout-faire).
Bref un camping comme on les aime, avec la wildlife incorporée.

Denmark est connue pour deux endroits dont l’un se nomme Elephant Rock, une formation calcaire dont le nom est suggéré par la forme des rochers qui ressemblent à un troupeau d’éléphants dans les eaux peu profondes de l’océan (pas évident à voir quand on est à jeun ce truc).

On vous mets un échantillon de différents point de vue, sous un ciel nuageux malheureusement (mais ça n’a pas duré, l’après-midi était ensoleillé, merci de vous être inquiétés pour nous).

Le premier qui dit qu’il vient de trouver un ou des éléphants ne sera plus invité à l’apéro !

Juste à côté d’Elephant Rock on peut voir un endroit appelé Greens Pool. C’est la plus populaire plage de Denmark protégée de la force de l’océan par une ligne de rochers au large, faisant de cet espace une grande piscine naturelle.

Non loin de là nous avons eu la chance de voir un Zostérops à dos gris qui nous a un peu fait les gros yeux.

Puis nous avons vu des fleurs (c’était la saison) mais pas de tortue (ça ne devait pas être la saison, ou alors c’est une publicité mensongère pour attirer les touristes).

Le camping d’Albany nous permet de vous faire découvrir une nouvelle race de campeur australien, le campeur perché (signe de beau temps le lendemain parait-il). A éviter lors de soirées trop arrosées, l’échelle devenant alors une épreuve insurmontable pour atteindre son lit.

Située sur la côte sud, à 408 kms de Perth, Albany (30 656 habitants) est la plus ancienne colonie de l’Australie Occidentale. C’est la ville qui a vu le premier convoi de soldats partir pour l’Europe en guerre le 1er novembre 1914.

C’est à Albany qu’on peut voir le Natural Bridge. C’est une formation de granit qui ressemble à un pont de pierre géant, résultat de l’usure progressive du granit par l’océan.

Juste à côté se trouve The Gap, un canal spectaculaire entre les parois de granit hautes de 40 mètres, qu’on peut surplomber sur une plate-forme d’observation qui s’avance au-dessus du vide.

L’environnement est très minéral avec des blocs de granit partout. Le site est impressionnant, malheureusement les photos n’arrivent pas à restituer la majesté et la force qui se dégage de cet endroit (faut y aller pour se rendre vraiment compte, quoi).

Parmi ces rochers, et parfois même sur le rocher, poussent quelques fleurs peu exigeantes en terre qui égayent l’endroit (alors pour les noms des fleurs, c’est pas nous. Nous c’est les oiseaux).

En parlant d’oiseaux, on a vu un Miro des Mangroves (en haut), un Merion sans sa parure nuptial (ou alors c’est une femelle, pas facile à différencier) et un Méliphage de New-Hollande (aucun rapport avec l’ancien président).

Le soleil se lève sur la plage d’Albany (et l’ami du petit déjeuner vient de passer), il est donc temps de prendre la longue route qui doit nous emmener à Esperance, bout de notre boucle sud.

On a pris la route malgré tous les dangers annoncés à grand renfort de panneaux. Même pas peur, on n’a rien écrasé, rien renversé, rien vu de tout ça non plus faut dire.

Cette photo est un résumé de la région d’Esperance (13 265 habitants). Un grand escalier de bois qui descend jusqu’à une plage de sable blanc magnifique, une mer bleue turquoise, c’est beau (mais ça se mérite, il faut quand même se taper 500 kms de bush pour y arriver avec absolument rien à voir tout du long).

Le tourisme est la principale activité de la ville, notamment grâce aux plages situées aux alentours qui sont considérées parmi les plus belles d’Australie.

Esperance connaît un climat méditerranéen avec des étés chauds et secs et des hivers froids et humides. La ville est soumise à de grands écarts de température avec des journées très chaudes en été quand souffle le vent du nord et des journées très fraîches en hiver quand souffle le vent du sud (c’est toujours marrant pour nous ces inversions).

Le nom d’Esperance vient du navire français du Capitaine Bruni d’Entrecasteaux. Au beau milieu d’une tempête, c’est ici qu’il dû trouver refuge.

Depuis le port de la ville est devenu le seul port en eau profonde de la côte sud de l’Australie occidentale capable d’accueillir des cargos jusqu’à 180 000 tonnes.

Le sable est vraiment très blanc. Il semble provenir de la côte calcaire rongée par l’océan. Nous y avons laissé une marque très éphémère (de pointure 43).

Côté fleur, on y a vu un Showy Banksia (Banksia Speciosa en français ?) d’une hauteur de 4 à 8 mètres il se régénère à partir de graines après un feu de brousse. Côté oiseau un Méliphage Bruyant (en haut, que je pensais être un dérivé de Martin Triste, quelle erreur d’amateur très débutant !) et encore une superbe Colombine Lumachelle (elle n’aurait pas l’intention de nous faire un nid dans la camionnette-à-tout-faire, des fois ?).

60 kms après Esperance, se trouve Lucky Bay. Élue la plage la plus blanche d’Australie c’est sans conteste la plus réputée. Une eau bleu turquoise…

… Un sable blanc éclatant, très très fin….

… Des Goélands ….

… Des Kangourous …. des quoi ????

Ah bien oui, dis donc, c’est un Kangourou !

Assez peu farouches (pour peu qu’on ne soit pas brusque) les Kangourous se laissent approcher et photographier assez facilement (Martine essaye d’en dresser un, mais ça marche moins bien qu’avec moi).

C’est un spectacle insolite que de voir des Kangourous sur la plage au milieu des pêcheurs et des vacanciers.

Par contre ce qui est désolant c’est de voir que tous ces gens viennent sur la plage en voiture (alors qu’il y a un parking à l’entrée). Mais un australien qui est à plus d’un mètre de sa voiture n’est plus un vrai australien… (c’est vrai aussi qu’avec un litre d’essence à moins de 1 €, pourquoi marcher)

En partant nous admirons une fleur de Lambertia Inermis communément appelé Chittick, un arbuste endémique du sud-ouest de l’Australie qui atteint 6 mètres de haut et fleurit du printemps à l’hiver (à gauche) et un Nuytsia Floribunda ou “arbre de Noël de l’Australie occidentale” (à droite, donc). C’est un arbre parasite qui peut atteindre 10 mètres de haut. Ses racines se fixent sur les racines des plantes voisines et accaparent leurs nutriments ce qui peut ralentir leur croissance sans en provoquer la mort.

Encore un superbe Méliphage New-Hollande (aussi appelé New Holland Honeyeater ou Méliphage à Barbe de Menton).

Tous les panneaux ne sont pas mensongers, la preuve en image !

Au retour, nous nous arrêtons sur d’autres paysages de côtes rocheuses….

… mais il suffit de s’avancer pour que le naturel revienne au galop ! (j’aime bien ce naturel là aussi, mer turquoise, sable blanc, on s’y fait assez vite je trouve).

Une dernière pour la route comme on dit et puis :

Allez, Topette !