Un Quokka, sinon rien

Voila maintenant deux semaines que nous sommes arrivés en Australie Occidentale (il disent Western Australia ici, ça fait plus baroudeur je trouve) et nous n’avons encore rien posté. Il est temps de s’y mettre !

A l’arrivée à Perth, après un vol sans histoire de 5 heures en provenance d’Hobart (via Melbourne), nous avons été chaleureusement accueillis par Fiona une amie d’Instagram de Martine (qui, c’est bien établi maintenant, est internationalement voire mondialement connue).

Fiona nous a gentiment déposé à notre hôtel, et nous nous sommes retrouvés trois jours après pour boire un verre dans le charmant jardin du plus vieil hôtel de Western Australia le “Rose and Crown”.

Ce fut un très agréable moment, que nous renouvellerons avec plaisir dès que Fiona sera revenue de ses vacances à Bali.

Puis nous nous sommes installés au camping de Coogee près de Fremantle pour trois nuits, que nous avons prolongé de trois nouvelles nuits, puis d’encore une autre. Et tout ça parce qu’on y était bien et, avouons-le, parce qu’une grosse flemme nous était tombée dessus !

Le robinet d’eau à côté de notre emplacement servait de buvette à un charmant Méliphage Barbe Rouge.

Et l’arbre qui ombrageait obligeamment notre camionnette-à-tout-faire servait de perchoir à quelques Australasian Bittern, (Butor d’Australie en français) dont la population en Australie ne dépasse pas les 1000 individus.
Ces oiseaux bizarres (et rares donc) nous avaient déjà été signalés par Fab et Isa lors de leur passage à ce même camping (d’ailleurs on les embrasse, les filles pas les piafs !).

Nous y avons vu nos premiers Australian Ringneck (Perruche à Collier Jaune en français) que les australiens appellent des twenty-eight parrot (Perruche vingt-huit en français) car quand ces volatiles crient on croit entendre “twenty-eight, twenty-eight” (est-ce à dire que s’ils étaient français on entendrait “vingt-huit, vingt-huit”?)

Et le soir sur la plage un couple de Cacatoès Rosalbin grattait le sable à la recherche de verdure. Bien que personne ne me l’ait demandé (je me demande parfois si quelqu’un s’intéresse vraiment à mes divagations), je me suis posé la question de savoir quelle est la différence entre une perruche et un perroquet ? Et bien il semble qu’il n’y en a pas vraiment, ils font tous partie d’une seule et même famille : les psittacidés. Par convention, tous les oiseaux appelés scientifiquement “perruches” viennent soit d’Australie, soit d’Asie.

A quelques tours de roues de notre camionnette-à-tout-faire, nous nous rendons à Fremantle (24 835 habitants) située sur la côte ouest, 19 kilomètres au sud-ouest de Perth, à l’embouchure de la rivière Swan.

Fremantle possède de nombreux bâtiments « convict-built » (terme désignant les édifices construits par les bagnards) de l’ère coloniale. Parmi eux, la Maison ronde (Round House), construite en 1830-1831, est le plus vieux bâtiment d’Australie-Occidentale encore debout. A l’origine c’était une prison de huit cellules plus le logement des gardiens, avec une cour intérieure. Un tunnel a même été creusé sous la Maison ronde pour que les baleiniers aient un accès entre la jetée et la ville. En 1850, fut construit, toujours par les bagnards, une nouvelle prison qui resta en service jusqu’en 1991 (faire construire la prison par les futurs prisonniers, c’est quand même pervers comme truc. Et en plus gratos, c’est du capitalisme pervers triomphant).

Parmi les bâtiments on peut en voir quelques un de style colonial, notamment dans le quartier de la Round House.

Le surnom de Fremantle, est “Freo” et la brise fraîche qui souffle sur Perth et Fremantle pendant l’été est appelée le “Fremantle Doctor”.

Parfois une construction moderne se glisse entre deux bâtiments anciens, et le contraste n’est pas forcément laid.

Le marché de Fremantle est une attraction touristique notable, avec environ 150 étals dans un bâtiment de l’ère victorienne. Pas de chance il était fermé, on repassera samedi (on n’a que ça à faire, on est en vacances et en plus on a la flemme de bouger).

Le Fremantle Oval est un stade de 17500 places construit en 1895, originellement destiné au cricket (un sport totalement abscons pour les français que nous sommes, mais qui semble passionner tous les australiens en âge de tenir debout) il sert aujourd’hui au South Fremantle Football Club surnommé les “Bulldogs”.

De rares peintures, commerciales ou non, égayent quelques murs.

Celle-ci est sans conteste notre préférée.

La SNCF locale est très prévenante envers les jeunes mariés (nous espérons que l’amour qui rend aveugle, c’est bien connu, ne les empêchera pas de lire cet avertissement).

Fremantle c’est visiblement le paradis pour cet habitant et nous on a trouvé que ça sentait bon grâce aux fleurs de frangipaniers (sûrement parce qu’on a comme des envies de Polynésie….)

De retour au camping, on a eu le plaisir de voir des Colombine Longup (avec leur petit air aristo-punk qu’on adore) et une Gralline pie.

Et comme le camping donne directement sur la plage, on a été voir le coucher de soleil avant de se mettre au lit. C’est chouette les vacances quand même !

Comme dans beaucoup de villes, le samedi c’est jour de marché à Fremantle (en vrai c’est vendredi, samedi et dimanche). Ouvert depuis 1897 c’est l’attraction principale de la ville. On y trouve des fruits et légumes ainsi que de l’artisanat (local ?).

Beaucoup de monde donc dans les allées et quelques beaux objets comme ce magnifique kangourou lumineux qui serait du plus bel effet dans notre jardin au moment des fêtes ! (on l’avait déjà repéré à vendre avant Noël…on finira par craquer).

Nous quittons le marché en direction du port afin, d’une part, de succomber aux délices d’une rare spécialité culinaire australienne, le fish and chips et, d’autre part, de voir une statue dédiée à une gloire locale.

En 1891 le port fut approfondi et devint ainsi utilisable pour le commerce maritime. Il reste aujourd’hui un des principaux ports d’Australie-Occidentale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville fut même l’une des plus importantes bases de sous-marins alliés opérant dans le Pacifique.

On y peut y voir une oeuvre d’art à la gloire des marins pêcheurs, et une base pour les secours en mer (sea-rescue comme on dit ici).

Et puis on y trouve une statue de Bon Scott ! En effet l’ex chanteur charismatique du groupe ACDC de 1974 jusqu’à sa mort le 19 février 1980, bien que né à Kirriemuir en Écosse, migra à Melbourne en 1952 à l’âge de six ans, puis déménagea en 1956 pour Fremantle. Les cendres de Bon Scott (de son vrai nom Ronald Belford Scott) ont été inhumées au cimetière de Fremantle. (visiblement les mouettes n’aiment pas ce style de musique)

En rentrant la décoration peinte d’un magasin nous attire et nous nous arrêtons pour mieux le voir. Il s’agit d’un superbe trompe-l’œil qui attire les touristes (surtout ceux qui aiment faire des photos ou des selfies devant, pendant deux heures, en prenant des poses incroyablement peu naturelles pour faire genre “j’y était c’était trop d’la balle”).

C’est autre chose qu’une enseigne Carrefour ou Leclerc ! (je dis ça et puis en fait ça marche moins bien, la preuve on n’est même pas rentré dans le magasin !).

En face de notre camionnette-à-tout-faire, un australien avait garé la sienne (de camionnette). On se sent vite petit joueur dans un coup de temps pareil ! Il n’y a pas à dire ce sont de vrais aventuriers ces aussies (d’un autre côté ils ont un matériel incroyable pour passer et camper partout et on les retrouve en masse, sagement garés dans les campings, va comprendre toi).

Retour au camping où nous retrouvons les petites “Cabins” à l’entrée colorée (l’équivalent chez nous d’un mobil home mais qui n’est pas mobile et qui n’a pas forcément de sanitaires intégrés, une tente “en dur” quoi).

N’écoutant que notre courage, nous faisons un petit tour à la plage d’où nous revenons sains et saufs malgré tous les dangers courus lors de cette simple balade (Martine s’est même baignée, on est des vrais aventuriers, il n’y a pas à dire).

J’arrive enfin à photographier un Rhipidure Hochequeue ce qui n’est pas facile car son nom commun est dérivé de son habitude à remuer sa queue horizontalement lorsqu’il est en quête de nourriture sur le terrain (chacun son truc). Agressif et territorial, il harcèle souvent les oiseaux beaucoup plus grands que lui, comme le Martin-chasseur géant et l’Aigle d’Australie (un vrai pimousse, petit mais teigneux).

Le lendemain, retour à Fremantle pour prendre le ferry direction Rottnest Island, une île située à 17 kms des côtes et où on ne circule pas en voiture.

On voit au loin la skyline de Perth signe que le temps est au beau fixe. D’une longueur de 11 kilomètres et d’une largeur maximale de 4,5 kilomètres, Rottnest Island fait 19 km2 de surface. Elle est classée réserve naturelle et il ne peut y avoir de propriété privée.

D’août 1838 jusqu’en 1931, l’île servit de prison pour les aborigènes du continent condamnés pour vol de bétail, incendie de forêt ou vol de légumes. On estime à 3700 le nombre total de prisonniers aborigènes ayant séjourné sur l’île et 369 y sont enterrés.
Pendant les deux guerres mondiales l’île servit de prison pour les ennemis : Allemands et Autrichiens pendant la Première Guerre mondiale, Italiens pendant la Seconde.

Dès 1830, un colon s’installa sur l’île avec femme et enfants et exploita le sel des différents lacs de l’île qu’il exporta vers le continent où il jouait un grand rôle pour la conservation des aliments. Il reste de cette période les lacs salés qui prennent une teinte rosée au soleil.

Aujourd’hui, l’île compte environ 300 habitants travaillant pour la plupart dans le secteur du tourisme. L’été, la population peut passer à près de 15000 personnes logées dans de nombreux cottages dont certains sont anciens et joliment réhabilités.

Sable blanc, mer bleue, pas de voiture, ferry fréquents, l’île ne manque pas d’atout ce qui explique que les 500.000 touristes annuels se pressent pour venir.

Mais ce qui fait la spécificité de “Rotto” comme l’appelle les australiens, c’est la présence sur cette île de nombreux Quokkas comme le signale la girouette sur le port.

Rottnest Island doit son nom au capitaine hollandais Willem de Vlamingh qui avait décrit le quokka comme un gros rat (“Rottnest” signifiant “nid à rats” en hollandais).

En fait le quokka, loin d’être un rat, est un petit marsupial de la famille des macropodidés (dont font partie les kangourous) et l’un des rares marsupiaux à posséder, comme les primates, une vision trichromatique.

Le truc avec le quokka, c’est qu’il a un “meilleur profil” qui se trouve par en-dessous (en contre plongée pour les amateurs de photos, ou en “mal au dos” pour les vieux comme moi).

Ça change tout un bon angle de prise de vue, tous les mannequins vous le diront.
Le quokka pèse de 2,5 à 5 kg, mesure de 40 à 54 cm de long et il a une queue d’une longueur de 25 à 30 cm. Il a des oreilles rondes, et sa bouche forme naturellement une sorte de sourire.

Il se déplace soit en sautant sur ses pattes arrière, soit en marchant sur ses quatre membres car ses pattes arrière sont moins puissantes que celles des autres marsupiaux. Il peut grimper dans les petits arbres et les arbustes.
On vous en a mis un choix au format pièce d’identité, c’est toujours pratique !

Et trois derniers pour la route.
Ces animaux sociables, amusants, intelligents et curieux n’hésitent pas à approcher les humains et grâce à leur petit rictus, ils ont le titre d’animal le plus souriant du monde. Par contre, le fait que cet animal soit très sociable et n’entre jamais en conflit avec ses congénères le rend aussi vulnérable face à ses prédateurs.

Sinon, on a vu des fleurs et un espèce de sapin (qu’on voit un peu partout ici d’ailleurs) qu’on ne sait pas ce que c’est (alors n’hésitez pas à le dire en commentaire, en plus ça nous donne l’impression d’avoir des gens qui nous lisent).

Cet oiseau par contre on sait ce que c’est, c’est une Phasianelle Brune. Maintenant vous le savez aussi.

Et là c’est la Team Topette ! en mode vacances qui attend son ferry pour rentrer sur le “mainland” (la grande île quoi) comme on dit ici dans le “Down Under” (“en bas, en dessous”, expression anglo-saxonne utilisée pour désigner l’Australie et la Nouvelle-Zélande).

Allez, Topette !