La Tasmanie, c’est fini…

La Terre de Van Diemen, comme s’appelait la Tasmanie jusqu’au 1er janvier 1856, n’est pas une île plate. Elle comporte à l’ouest un massif montagneux dont le point culminant est le mont Ossa (1 614 mètres) situé au cœur du parc national de Cradle Mountain-Lake St Clair.

Intrépides que nous sommes, nous avons voulu voir de près ces montagnes, composées de dolérite du Jurassique.

Il y a quatre sommets distincts. Par ordre de hauteur, ce sont le mont Cradle (1 545 m), le pic Smithies (1 545 m), la Weindorfers Tower (1 459 m) et le Little Horn (1 355 m).

La montagne se dresse au-dessus des lacs glaciaires Dove (934 m d’altitude, longueur de 6,6 km), Wilks et Crater.

On peut en faire le tour en une promenade de 3 heures, sur un sentier très bien maintenu par le personnel du parc (comme pratiquement tous les sentiers qui, du coup, doivent manquer un peu d’intérêt pour les furieux de la rando dont nous ne faisons heureusement pas partie). C’est également un point de départ de l’ascension du Mont Cradle.

La végétation aux environs du lac inclut notamment des nothofagus gunnii, la seule plante à feuillage caduc de Tasmanie, et qui donne une parure orangée aux montagnes environnantes en automne (faudra qu’on revienne, tiens). On y trouve aussi des tussacks, des gommiers des neiges et des pins crayons.

On y trouve aussi ces jolies fleurs qui ont un défaut majeur, c’est d’être adorée par des espèces de grosses mouches. Du coup à la saison de la floraison (maintenant donc) il y a des millions de fleurs ET des millions de mouches. Va manger dehors avec ça, toi ! Heureusement ce sont des mouches australiennes, elles se couchent tôt donc on peut dîner dehors, enfin vite fait parce qu’après c’est l’heure des moustiques…

La région autour du mont offre la possibilité d’un grand nombre de randonnées à la journée et est le départ de l’Overland Track (rassurez-vous, on ne l’envisage même pas. Si on a loué une camionnette-à-tout-faire, c’est pas pour aligner les kilomètres à pied).

Parmi les espèces animales vivant dans le coin, on a pu voir un wombat avec sa progéniture (ça y est, on est fans absolus),

Une Perruche à ventre jaune (la plus grande espèce de son genre) qui se cachait dans les feuillages,

Et une Martine randonneuse qui se cachait dans l’ombre.

Après une bonne nuit de sommeil, nous voyons arriver à l’heure du petit déjeuner, non pas l’ami bien connu et déjà cité, mais un Pademelon qui s’invite à la table de nos voisins de camping.

Les pademelons (ou thylogales) tiennent leur nom du mot paddymilla, qui en langue des aborigènes veut dire « petit kangourou de la forêt ». Les Kangourous, les Wallabies et les Pademelons sont très proches physiquement mais on reconnait ces derniers à leur petite taille, au fait qu’ils vivent en forêt et à leur queue plus courte, plus épaisse et aux poils clairsemés (au départ il faut que ça ressemble à un Kangourou quand même, sinon c’est vrai que ça peut s’appliquer à n’importe quel petit bûcheron).
En tout cas ce Pademelon s’est fait un plaisir de boulotter la tartine de confiture offerte par nos voisins !

Après ce séjour en montagne au milieu de la forêt, on s’était dit : “on va s’arrêter deux nuits à Queenstown, c’est une ville ça nous laissera le temps de visiter”.
En fait Queenstown fut une ville minière et ça se voit bien en arrivant, la ville étant entourée de collines rendues stériles, en vingt ans à peine, par la coupe sauvage des forêts pour alimenter les fonderies de cuivre et par les vapeurs de soufre corrosives des onze fours. La forte pluie de la côte ouest (environ 2400 mm par an en moyenne) a fait le reste. L’érosion a dépouillé les collines de leur sol et un désert artificiel a été laissé.

La ville (2 117 habitants) essaye de rendre attractif, d’un point de vue touristique, son passé minier, avec des œuvres d’art le célébrant.

Il y a aussi un hôtel “dans son jus”, la poste est comme souvent un superbe bâtiment (souvenir d’une époque où ce métier était beaucoup mieux considéré que maintenant) et un joli train à vapeur (qu’on entend siffler comme chantait Richard).
On est monté là-haut sur une colline (mais on n’a pas sifflé) pour avoir la vue d’ensemble de la vallée et puis on s’est dit : “et si on partait tout de suite ?”.

Du coup on est arrivé à Strahan. Il n’y a vraiment rien à dire sur Strahan, même son poste de police ne fait pas crédible !

En arrivant au Lake St Clair, notre étape suivante, on a vu des panneaux routiers qui nous ont bien plu, amoureux des bêtes que nous sommes aussi.

Le Lake St Clair a une profondeur maximale de 200 mètres, ce qui en fait le lac le plus profond d’Australie et même le deuxième plus profond de tout l’hémisphère sud après le lac Tanganyika qui se trouve en Afrique, pour faire court vu qu’il est partagé entre plusieurs pays (prenez un atlas pour affiner, ça vous fera voyager à moins cher que nous).

Sur le lac, au bout d’une jetée de 250 mètres se trouve un hôtel (ouvert depuis le 1er Janvier 2015) qui a été aménagé dans une ancienne station de pompage. Cette station, de style Art-Déco, a été construite pour abriter les turbines hydrauliques utilisées lorsque la Tasmanie s’est lancée dans une expérience d’énergie hydro-électrique lors des années 1940, mais qui a été abandonnée au début des années 90.

Le Lake St Clair est le lieu d’arrivée de l’Overland Track dont on vous a signalé le départ de Cradle Mountain un peu plus haut dans cet article (ben oui, faut pas que regarder les photos).
Remarquez le trajet de Cradle Mountain jusqu’au Lake St Clair, on l’a fait nous aussi en passant par Queesntown et Strahan, tout ça en camionnette-à-tout-faire et on n’en fait pas tout un patacaisse.

Tant qu’à faire de marcher sur un sentier en bois, on l’a fait tout tranquilou le long d’un petit ruisseau.

On y a vu des champignons (on les a laissés, on n’avait plus d’œufs pour une omelette), un jeune Méliphage à bec fort (le bec deviendra complètement noir une fois adulte), des jolies fleurs (dont on ne connait pas le nom) et du lichen (pourquoi pas ?).

On est rentrés au camping pour se reposer (on est en vacances quand même) et là, en sortant de la camionnette-à tout-faire pour aller aux sanitaires (c’est pas une camionnette grand luxe, il n’y a pas de salle de bain. Faut voir que dans 4 mètres carré c’est pas facile non plus) on tombe nez à nez avec un Échidné.

Les échidnés sont des mammifères appartenant au groupe des monotrèmes, comme les ornithorynques et ce sont les seuls mammifères pondant des œufs vivant encore actuellement. Il ne reste plus actuellement que quatre espèces vivantes, l’échidné à nez court en Australie et trois espèces à long nez en Nouvelle-Guinée.
Il est pourvu d’un manteau de piquants, se roule en boule pour échapper aux prédateurs et sa longue langue visqueuse lui permet d’attraper à grande vitesse les fourmis et les termites dont il se nourrit.
Bien que ressemblant au hérisson et au porc-épic, il n’est absolument pas apparenté avec eux.

Sur cette rencontre qui ne manque pas de piquant (maître Capello, sortez de ce corps !) nous mettons le cap au sud sur Bruny Island. Après avoir mis la camionnette-à-tout-faire sur le ferry, nous abordons cette île principalement touristique qui doit son nom à l’explorateur français Antoine Bruny d’Entrecasteaux.

Bruny Island est en fait composée de deux îles, (North Bruny et South Bruny), reliées par un isthme sablonneux. Un point de vue accessible par un escalier en bois nous a permis de voir cet isthme et de nous prendre en photo devant (on appelle ça faire les chinois).

Les côtes sont belles et la mer est bleue, il y a parait-il des kangourous albinos tout blanc mais nous n’en verrons pas. Par contre il y avait une “ferme” qui vendait des glaces artisanales excellentes et celle-là, on l’a bien vue.

On a vu aussi une oeuvre du sculpteur tasmanien Matt Carney qui représente une baleine dans un globe terrestre. Cette oeuvre est située en face de l’île Penguin, qui a abrité autrefois l’une des stations de chasse à la baleine en Tasmanie au cours des années 1820 et 1830.
En effet des baleines viennent régulièrement près de Bruny Island mais comme pour les Kangourous blancs on ne les a pas vues. Il faut dire que ce n’est pas la saison (des baleines, pas des kangourous).

De retour au camping de Seven Mile Beach à côté de Hobart pour la fin de notre séjour, nous retrouvons un vieil ami le Blue Wrem (plus exactement un Superb Fairywren ou Mérion Superbe en français), ce qui n’est pas surprenant ce petit oiseau étant très sédentaire (je sais on a déjà mis plein de photos de cet oiseau, mais on continue parce qu’il le vaut bien).


Nous voulions monter au Mount Wellington pour avoir un panorama de la ville, mais la route d’accès était fermée pour cause de risque d’incendie. Nous avons donc fait un tour sur le port pour voir les bateaux (sans sucer des glaces à l’eau).

Nous avons flâné dans les boutiques comme les vacanciers que nous sommes, en prenant notre temps car le thermomètre, lui, était à la peine avec des températures dépassant les 36°.

Nous avons aidé Albert George Ogilvie, premier ministre de Tasmanie dans les années 1930, à regarder Parliament House (mais ça ne lui a rien fait, il est resté de bronze). En effet l’Australie étant un pays Fédéral, chaque état a son propre parlement.

Nous avons admiré les façades de Salamanca Place. Ce sont les anciens entrepôts en grès du port de Hobart qui ont été transformés en restaurants, galeries, boutiques d’artisanat et bureaux.

L’envers valant l’endroit, les arrière-cours ombragées sont moins spectaculaires mais néanmoins très agréables (manque plus qu’un terrain de pétanque et le pastis).

On y a même vu des animaux, un vrai et un faux (qui nous démontre qu’on peut s’élever par la culture).

Et puis toujours de très belles maisons. Du coup, comme on n’arrive pas à se décider, on va garder la notre !

Le lendemain, nous avons pris un bus pour aller au marché et nous avons fait une halte (la-haut sur la colline) pour admirer la vue sur Hobart. Bien que voilée par la fumée provenant des nombreux incendies aux alentours, la vue sur le Tasman Bridge méritait bien un arrêt.
Le Tasman Bridge qui franchit la Derwent River a été achevé en 1964. En 1975 un énorme vraquier (transport de minerais) remontant la Derwent River heurta plusieurs piles du pont, entraînant l’effondrement d’une large partie de la chaussée sur le bateau et dans la rivière au-dessous. Douze personnes furent tuées, sept membres de l’équipage du bateau et cinq occupants des quatre voitures qui firent une chute de 45 m. Le Tasman Bridge fut rouvert en 1977, 3 ans après son effondrement.

Le dimanche c’est mariage à Bamako, et la veille (le samedi donc) c’est marché à Salamanca. Le Salamanca Market est une institution à Hobart et est devenu au fil des ans un haut lieu touristique de Tasmanie.
On y trouve un peu de tout chez ses 300 exposants. On y a vu des fruits des légumes et des fleurs de saison,

Des musiciens de rue aux instruments parfois peu courants,

Des porte-manteaux inspirés de la “Wildlife” et des tee-shirts à messages (sûrement),

Un gars qui vendait des trucs qui ne servent à rien mais fabriqués avec des trucs qui ne servaient plus à rien (le concept est quand même vachement fort),

D’autres musiciens de rue dont un qui fait “simplement de la belle musique” (et modeste avec ça…) et un autre qui doit être un croisement d’aborigène (pour le Didgeridoo) et de suisse (pour le Hang). Franchement ces deux instruments séparément c’est vite gonflant, alors en stéréo on vous laisse imaginer.

Et puis il y avait une affiche qui nous parlait bien, forcément. C’est quand même notre quotidien depuis quatre mois ! Du coup on est rentré chez nous.

Et comme chez nous les toilettes sont au fond du jardin, le soir quand on y va on fait des rencontres. Il s’agit de Common Brushtail Possum (ou Opossum d’Australie en français). On en avait déjà vu mais comme on va rarement aux toilettes la nuit avec l’appareil photo, on n’avait pas pu vous en montrer (là comme ils étaient sur un coup avec les poubelles, j’ai eu le temps d’aller chercher la boîte à images et de revenir avant qu’ils se carapatent).

Le lendemain matin au petit déjeuner, malgré un beau duo avec sa copine, la pie qui chante n’a pas eu une miette de ma tartine de confiture (il ne faut pas nourrir les animaux sauvages, c’est marqué partout).

Puis nous avons pris la route en faisant attention de ne pas écraser cet animal que nous n’avons jamais vu ni identifié (il n’est pas impossible que le dessinateur non plus d’ailleurs).

La route étant rouverte, on a pu monter sur le mont Wellington (1271 m) qui domine la ville de Hobart.

Malgré un vent à décorner les bœufs, il restait pas mal de fumée et, du coup, les photos ça l’a fait bien moyen.

Pour compenser, on vous a mis un selfie de la Team Topette ! cheveux au vent (enfin c’est surtout vrai pour l’élément féminin de la Team, vu qu’elle en a beaucoup plus).

Avant de quitter la Tasmanie, nous avions rendez-vous avec Liz, une amie de Martine sur instagram. Celle-ci est gentiment venue nous chercher à la porte de notre logement pour nous emmener chez elle où nous avons passé un super bon moment, agrémenté d’un excellent repas concocté par son mari Steeve, puis nous a déposé à l’aéroport.  Une belle rencontre avec deux belles personnes, c’est vraiment quelque chose qui rend le voyage inoubliable.
Et puis leur chienne Lilly est vraiment adorable !

La page de la Tasmanie se tourne, cinq heures d’avion et attention Perth, nous voilà !

Allez, Topette !