De tout un peu…

Comme on a toujours un poil de retard (certainement à cause de celui que j’ai dans la main), c’est de Tasmanie que nous rédigeons ce dernier article sur la fin de notre périple de Sydney à Adélaïde.
Après avoir parcouru la Great Ocean Road, nous quittons le bord de mer pour nous diriger vers les montagnes des Grampians à l’intérieur des terres.

Nous traversons la riante ville de Dunkeld, et nous ne résistons pas à l’envie de vous montrer son charmant bureau de poste, devant lequel nous avions fait halte pour déjeuner. Dans ces immenses régions, ce sont plutôt les gens qui viennent chercher leur courrier plutôt que le courrier qui va chez eux.

Les monts Grampians forment des chaînes de grès dissymétriques et sont très appréciés des campeurs, des marcheurs et des varappeurs.

Les monts sont protégés au sein du parc national des Grampians (d’une surface de 1700 km2) depuis 1984. Malheureusement, un gigantesque feu de forêt a détruit près de 50 % du parc en janvier 2006.

A l’issue d’un petit treck nous sommes arrivés aux Silverband Falls, mais celles-ci manquaient d’eau pour être au mieux de leur forme, contrairement à nous (on a bien dit forme et non pas formes !).

Mais, vous commencez à le savoir, notre truc à nous ce sont les animaux !

Et pour çà, notre camping situé dans la ville de Halls Gap était généreux ! Tout d’abord, une bande de Cacatoès Nasique labourait le sol à la recherche de nourriture (graines, bulbes, herbe, céréales mais aussi des insectes).

Et puis on avait bien vu à travers la palissade qui nous séparait du terrain d’à côté, que celui-ci servait de lieu de villégiature à un groupe de Kangourous.

Il y en avait des petits et des grands et du coup, le soir, la nuit et le matin ils essayaient de privatiser le camping !

Martine a même été obligée de parlementer avec l’un d’eux pour accéder aux toilettes et elle a bien compris, au ton du grognement de celui-ci, qu’il ne fallait pas qu’elle y revienne trop souvent !

Et juste après le petit déjeuner, voici qu’une famille émeu se présente à l’accueil du camping ! Je saute sur l’appareil et cours leur tirer le portrait.
Il est indéniable qu’au matin l’émeu est plus vif que moi, ce qui explique qu’ils soient de dos sur la photo !

Mais je tiens la distance et je suis arrivé à les remonter (j’ai un bon zoom aussi…).

Finalement on s’est rendu compte qu’ils étaient bien nombreux et qu’ils s’entendaient comme larrons en foire avec la tribu de kangourous voisine !

Il y en avait même des jeunes qui ont déjà l’air, comment dire ? Rêveur? pensif? Indéfinissable, on va dire !
Nous avons laissé tout ce bestiaire chez lui et nous avons repris prudemment la route.

Quand on vous dit qu’il y en a partout des kangourous, c’est vrai ! Même la DDE locale est au courant et prévient du danger (d’autant plus que les assurances australiennes ne prennent pas en charge les dégâts causés par un renversage de kangourou).

Nous arrivons à Mount Gambier où nous trouvons à nous loger au bord du lac qui s’appelle, allez savoir pourquoi, le Blue Lake. Ce lac qui se trouve dans la caldeira d’un volcan éteint est bleu cobalt de décembre à mars et gris métallique d’avril à novembre. Pour faire court, c’est une question de température de l’eau qui cause une précipitation du carbonate de calcium et permet la micro-cristallisation de celui-ci, produisant une dispersion de la longueur d’onde correspondant à la lumière bleue (non, ne me remerciez pas).

Et puis à Mount Gambier, il y a d’autres trucs rigolos qu’ici ils appellent des skinholes. Les anglophones qui nous lisent seraient tentés de traduire littéralement par “trou d’évier”, mais en français çà s’appelle des dolines (mais je ne suis pas sûr que ça aide davantage).

Une doline est un trou de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres de diamètre causé par l’érosion des calcaires de surface. L’eau s’infiltre par les fissures et les fentes de la roche puis, par dissolution, les fissures s’élargissent la surface se tasse créant une doline.

Leur fond est souvent occupé par des argiles de décalcification, fertiles et plus ou moins imperméables. La rétention locale d’eau qu’elle permet les rend propices au développement d’un microclimat spécifique et d’une riche végétation.


On y a vu des fleurs et des abeilles (sont des mots qui vont très bien ensemble, très bien ensemble…).

On a été voir un autre skinhole qui a la particularité de faire une cascade, mais il n’y avait pas d’eau. C’est pas grave nous on préfère le soleil.

L’hôtel central de Mount Gambier affiche un beau travail de ferronnerie.

Après avoir admiré de superbes maisons anciennes en pierre, ce qui n’est pas banal dans ce pays où le bois règne en maître, nous reprenons notre route.

Nous stoppons pour la nuit à Naracoorte (honnêtement, personne d’autre ne doit le faire) où nos goûts éclectiques nous poussent à aller visiter le musée du mouton. On y voit, mises en scène, les différentes étapes du travail du poil de cet animal laineux.

On a même vu un film de démonstration de la machine de droite qui est une tondeuse automatique. Je ne sais pas si cet engin a dépassé le stade du prototype, mais l’air ahuri du mouton sur la machine nous a plié de rire (c’est vrai qu’il en faut peu, et pour nous faire rire, et pour qu’un mouton ait l’air ahuri).

Dans ce musée, il y avait aussi une vieille école (c’est rigolo comme on se met à aimer l’école quand on n’est plus obligé d’y aller).

Et puis une vieille poste et téléphone qui nous intéresse pour des raisons filiales !

A Coolnalpyn, nous nous arrêtons pour admirer le silo à grains, décoré par un artiste australien, Guido van Helten et représentant des enfants du village.
Il y a plusieurs silos décorés à travers l’Australie, mais ils n’étaient pas forcément près de notre route, et les distances sont vite importantes dans ce pays.

C’est quand même un sacré talent de transformer un truc moche en oeuvre d’art !
Nous on adore l’art qui embellit la rue, la campagne et, du même coup, la vie.

Juste à côté du silo on peut voir une mosaïque des artistes Michael Tye et Marcia Camac dépeignant la flore et la faune locale dont notamment un “Blue Wren” qui me donne bien du fil à retordre pour avoir une photo nette !

Les hasards de la vie et de la route nous poussèrent jusqu’à Hahndorf, à une vingtaine de kilomètres d’Adélaïde.
Le village fut peuplé en 1839 par des Luthériens fuyant les persécutions religieuses en Prusse et a des relents de Bavière des antipodes.

Des boutiques qui vendent des coucous et des chopes à bière décorées, des restaurants qui servent de la choucroute sous un soleil de plomb, on se croirait vraiment en Allemagne !

Les bâtiments construits en pierre par les premiers arrivants sont toujours là, reconvertis en lieu d’exposition.

On n’est même pas surpris de voir une Porsche garée devant une maison dans un pays où, pourtant, les gros 4X4 sont la norme !

Là aussi les maisons sont souvent en pierre, ce qui n’est pas courant, et leur a permis de rester en bon état et au même endroit. En effet, ici on n’hésite pas à déplacer les bâtiments en fonction des besoins.

Au coin d’une rue une exposition d’art aborigène nous ramène en Australie !

Des indices subtilement disséminés dans le village nous rappellent que Noël approche et qu’il est prévu que nous le passions sur les hauteurs d’Adélaïde, dans un appartement plus confortable que notre camionnette-à-tout-faire.

Nous disons donc au revoir à ce charmant village dont la rue principale est superbement ombragée par deux rangées d’arbres centenaires (la municipalité d’Hahndorf étant visiblement plus écolo que celle d’Angers), ce qui était très appréciable avec des températures de 36°.

Et pour occuper vos longues soirées d’hiver, nous vous proposons de chercher quelle est la fonction de ce bel objet, vu à Hahndorf. Le lecteur qui trouvera le premier se verra offrir un lot de première importance que nous ramènerons spécialement dans nos bagages !

Devant la difficulté de trouver un camping ouvert le 25 décembre, nous avons donc choisi de passer Noël dans un appartement (merci AirBnB) situé sur les collines d’Adélaïde, avec une vue superbe.

On pouvait observer un beau Cacatoès Funèbre sur sa branche (à moins que ce ne soit lui qui nous observe ?).

Il fut remplacé par un Méliphage de Nouvelle-Hollande (changement de quart peut-être ?) pendant que nous faisions notre barbecue de réveillon.

On ne résiste pas au plaisir de vous montrer le soleil se coucher sur Adélaïde la nuit de Noël, faisant du même coup descendre agréablement la température.

Puis nous sommes allés à Birdwood, non pas pour y voir des oiseaux dans les bois, mais pour visiter le Motor National Museum. Je ne résiste pas au plaisir de prendre le volant d’une décapotable (ça me rappelle ma 307 CC) pour vous faire partager notre balade.

Tout d’abord la première voiture de la marque Holden, totalement inconnue en France, sortie en 1948. C’est la marque australienne, en fait une filiale de General Motors.
Aujourd’hui la gamme Holden est constituée de modèles Opel et Chevrolet, marques non disponibles en Australie.

Et puis deux Zeta. A l’origine de cette marque un fabricant d’électroménager qui a produit 3 modèles de voitures légères et très économiques entre 1963 et 1965. Un sacré visionnaire qui ne réussit à en vendre que 363 dont 28 du modèle sport (en vert). Pas assez gros, pas assez cher mon gars, on est en Australie !

Il y avait aussi des affiches publicitaires et des photos sympas.

Le mix affiche-voiture fait une mise en scène sympa. On aurait envie d’acheter !

Nous on adore ces vieilles voitures fabriquées à l’époque où l’esthétisme primait sur tout le reste.

Au rayon trucs marrants, une voiture téléphone des années 1980 (qui téléphonait vraiment quand elle était raccordée lors d’événements festifs), une voiture de Mad Max (un gars qui roulait beaucoup dans le coin) et deux petites Morris et Moke pour frimer à la plage.

Une spéciale dédicace pour un lecteur qui se reconnaîtra sans peine (mais celle-là les deux gars l’avait fait tout seuls pour faire le tour du pays).

Sûrement ma préférée (mais on n’a pas vu les barbus qui vont avec).

Par contre on a vu Tom Kruze qui avait garé son camion là-bas. Il a pris cher, dis donc !

Et une petite dernière qui ravira, nous n’en doutons pas, nos lecteurs amateurs de deux roues.

En repartant nous faisons une photo de l’école de Birdwood qui ravira, nous n’en doutons pas, nos lecteurs amateurs d’école.

Un deuxième passage à Hahndorf le temps de voir trois spécimens de Méliphage (Barbe Rouge, à Bec Grèle et de Nouvelle-Hollande).

On a vu le soleil se coucher, présage d’une nouvelle belle journée (ami Ricoré prépare-toi).

De retour a Adélaïde, un graph à l’entrée du marché nous a bien incité à y faire un tour (qui refuserait d’aller au paradis ?).

C’est vrai que c’était tentant, ces beaux fruits de saison : cerises, fraises, mangues, abricots, melons….

Du coup, comme on n’est pas à une contradiction près, on s’est attablé devant un Padthaï. Çà nous a rappelé un Noël passé en Thaïlande.

Adélaïde est la cinquième ville d’Australie par sa population (1.300.000 habitants) et c’est une ville que nous avons trouvée très agréable, verte et aérée.

Nous avons visité le très intéressant musée des migrants qui détaille et explique les migrations passées et présentes qui ont peuplé l’Australie.

Quelques beaux bâtiments majestueux (l’ancien parlement en haut à gauche, la bibliothèque nationale en haut à droite, l’université en bas à droite).

Différents styles se côtoient et le mélange est au final très plaisant.

On s’est fait un selfie dans une oeuvre d’art, c’est plus rigolo que le faire devant et ça fait moins chinois en vacances.

De l’art ou du cochon ? Les deux mon capitaine !

T’es sûr qu’on est à Adélaïde ou c’est le GPS qui fait encore des siennes ?

Et dans le parc juste à côté de l’hôtel, des Perruches Omnicolores sont venues nous souhaiter un bon vol vers la Tasmanie.

Bonne année à tous, nous on met cap au sud et on se retrouve au pays du diable !

Allez, Topette !

 

 

10 réflexions sur « De tout un peu… »

  1. ouaouh ! tu avais du retard mais pas de poil dans la main pour rédiger tout cela…comme toujours je suis fan sans compter que cela m’a rappelé de bons souvenirs. Et je m’aperçois que j’ai quand même loupé 2 trucs…le village à la choucroute et le musée du mouton… bon il va falloir reprogrammer un autre voyage en Australie… Diable ! on ne va jamais s’en défaire de ce pays !

    1. C’est sûr que c’est dommage de rater une bonne choucroute par 36° à l’ombre ! Quant au musée du mouton, d’abord il faut absolument que j’arrive à trouver la vidéo de la tondeuse automatique en action (je pense que je pourrais faire payer les séances de projection), mais à part ça ce musée était intéressant, la preuve on y a passé deux heures (d’un autre côté c’est la seule activité de Naracoorte, voire de ses environs).
      N’hésitez pas à nous faire part de vos trouvailles, vous qui avez de l’avance sur nous.
      Bises de la Team Topette !

  2. Hi les baroudeurs,
    On pense bien à vous car les médias nous disent que l’Australie succombe sous la chaleur, est ce vrai ?
    https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat/australie-vague-de-chaleur-pour-la-fin-d-annee_130523

    Quand à l’objet mystère, je dirais un pèle-pomme comme il en existe un au château de …”chépukoment”
    Sinon bonne année et bonne continuation ( ah si, le SCO s’est fait lamentablement sortir de CDF par une équipre de région….)

    1. Tout d’abord bonne année à toute ta tribu !
      L’année commence d’ailleurs bien pour toi car tu as gagné le grand concours du blog. En effet il s’agit bien d’un pèle-pomme. Tu auras donc droit, dès notre retour, à la remise de ton lot.
      Question météo, c’est vrai qu’une vague de chaleur est passée la semaine de Noël sur la côte sud, pendant qu’on y était. Mais maintenant en Tasmanie ce n’est plus le cas.
      Je suis le SCO de loin et je pense que la baisse des résultats est liée au fait que, depuis le début de notre voyage, ils jouent soit la nuit soit à 7h00 du matin. Moi-même à les suivre à ces heures ça me fatigue !
      Allez, Topette !

  3. Encore un superbe article avec plein de photos d’animaux, comme on les aime nous aussi ! On vous souhaite une très bonne année, et une très bonne suite de voyage…
    Ici, dans la jungle du Belize, point de kangourous bien sûr mais des singes hurleurs, de superbes oiseaux, des crocodiles et… des moustiques par milliers !
    Bonne route !

    1. Merci et bonne année à vous aussi.
      J’admire vos photos d’oiseaux qui sont superbes et je félicite vivement le photographe qui doit sûrement faire preuve d’une patience à toute épreuve !
      Débutant dans la photo animalière, je suis loin de son niveau.
      C’est vrai qu’on ne prend jamais les moustiques en photo alors que d’une part c’est l’animal le plus dangereux pour l’homme et que d’autre part ça peut bien pourrir une nuit de vacances.
      Les dépliants touristiques font souvent l’impasse sur leur présence. Par exemple rien que le nom de Bora-Bora fait rêver alors que les soirées en extérieur y sont pratiquement impossibles à cause de la densité de ces bestioles !
      La Team Topette !

  4. Coucou les amis, bonne année 2019 et pour vous ça commence plutôt bien !Vous aviez un magnifique coucher de soleil de votre appartement et un immense sapin en fond pour Noel. Je vois que vous aimez bien les choses du terroir quand même. Bonne continuation

    1. Pour Noël, on avait juste le coucher de soleil, mais pas de sapin, pas de cadeau et même pas de chocolat (remarque vu la température, il aurait fondu).
      Bonne année à toi aussi.
      La Team Topette !

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