Un bon petit diable !

Changement de capitaine à bord, pour cette fois-ci  Georges m’a laissé les commandes du blog  et je vous emmène tout de suite en bateau !

Belle journée pour voguer vers l’île Maria au départ du village de Triabunna. Cette île est un parc national, une réserve pour la vie sauvage.

Un pénitencier pour une cinquantaine de condamnés avait été ouvert sur l’île à Darlington de 1825 à 1832, date à laquelle les prisonniers ont été transférés à Port Arthur. Mais en 1842, quand un grand nombre de condamnés sont arrivés en Tasmanie il est devenu urgent de construire une nouvelle prison pour près de 800 hommes ! En 1851 l’île a été de nouveau abandonnée par la colonie pénitentiaire. Les condamnés ont été remplacés par des agriculteurs et des moutons, beaucoup plus paisibles que leurs prédécesseurs (les hommes et les moutons !). Au fil des années, diverses activités agricoles et industrielles se sont installées sur l’île. Une vigne y a vu le jour et 3 immenses silos où était fabriqué du ciment rappellent ce passé industriel.

En 1972 l’île a été déclarée Réserve naturelle et c’est pourquoi on y vient aujourd’hui. Il n’y a ni voiture ni commerce si ce n’est quelques campings et une auberge de jeunesse.

On peut très facilement s’y balader à pied ou en vélo car il existe plusieurs chemins de randonnée. Bien sûr le grand intérêt de cette île est que l’on peut rencontrer des animaux sauvages et y voir beaucoup d’oiseaux !
Dés notre arrivée nous avons fait connaissance avec un Pademelon…

C’est un marsupial, ressemblant au kangourou mais beaucoup plus petit, plus rond et plus poilu ! Il a le ventre un peu roux et est très doué pour manger proprement avec ses pattes avant !
Continuant tranquillement notre chemin entre clairières, bois et vues sur mer (ben oui, c’est une île !), nous arrivons en haut d’une belle côte pour faire une petite pause grignotage. Georges, l’oreille toujours à l’affût, entend un oiseau chanter, et s’avance dans le sous bois à sa recherche. Quelques minutes après, je le vois revenir et me faire de grands signes pour que je le rejoigne… Malheureusement, le sujet de son empressement avait disparu le temps qu’il vienne me chercher… il faut dire que la bête peut se déplacer à 40 km/h… Et ce n’était pas un oiseau mais un animal pour lequel on est venus exprès dans ce pays (ou presque !)…
Un tout mignon wombat !

Heureusement il avait pris le temps de le photographier car pendant les trois heures suivantes nous avons tenté de le retrouver ou d’en voir un autre mais ce fut un échec.

Le wombat est un marsupial, herbivore, proche du koala, avec une poche sur le ventre. Mais comme il est court sur pattes, sa poche est “posée” à l’envers pour éviter de ramasser la terre quand il creuse son terrier. Ce qui veut dire que le bébé wombat regarde vers l’arrière !Il pèse de 10 à 35 kilos et peut creuser des terriers de 10 à 20 mètres. L’autre particularité du wombat c’est la forme de ses crottes ! Il est le seul dans le monde animal à produire des crottes… cubiques !

Fin 2018, une chercheuse américaine a résolu ce mystère.En résumé : les wombats ont un temps de digestion très long (15 jours) et des intestins dont l’élasticité leur permet de former des cubes tels qu’ils le souhaitent. Grace à ce procédé, l’animal produit jusqu’à une centaine de crottes d’un coup, qui forment une pyramide marquant son territoire ! Pas bête le wombat, c’est quand même plus simple d’empiler des cubes que des boules !!!

Nous avons fait d’autres rencontres animalières comme les wallabies, plus petits que les kangourous, les Céréopses cendrés (oies) et quelques cormorans.
Egalement un petit oiseau qui nous a donné du mal pour trouver son nom. Il s’agit d’un Epthianure à front blanc, adulte à gauche et jeune à droite.
Et un autre plus rare, un Green Rosella, la seule espèce de perroquet qu’on ne trouve qu’en Tasmanie.

Les côtes de l’île alternent entre petites plages et rochers colorés comme ici les Painted Cliffs.

Des dentelles de rochers…

On serait bien resté un peu plus longtemps sur l’île car elle est très agréable à visiter. Mais nous avons repris la route pour aller jusqu’à la petite ville de Bicheno, notre lieu de résidence proche du Parc National Freycinet.
En chemin nous avons rencontré un pont tout en pierres, le Skipy Bridge, construit par des prisonniers évidemment…

Et un peu plus loin des vignes bien feuillues… mais nous ne sommes pas allé déguster !
Bicheno est un gros bourg situé au bord de la mer de Tasman qui est toujours un peu froide pour se baigner mais un spot prisé pour le surf.
Une colline surplombant la ville offre un joli panorama d’où il est possible d’apercevoir des baleines, mais ce n’était pas la saison de leur passage. A côté du port, une brèche dans de gros rochers, laisse échapper un jet d’eau quand la mer s’y engouffre.

La péninsule de Freycinet, à 45 kilomètres au sud de Bicheno, est un Parc National où les randonneurs se pressent pour découvrir d’immenses plages de sable blanc, des rochers de granit rose ou orange (oui comme en Bretagne !) et une chaîne de montagne les Hazards (les dangers). Pour aller jusqu’au point de vue surplombant l’une des plus belles plages du monde, la Wineglass bay ( la baie verre de vin !!!), on emprunte un sentier abrupt pour une randonnée qui doit durer 1h30 aller et retour. Bon j’avoue qu’avec une pente à 10%, des dizaines de marches, le cœur qui s’emballe, le souffle court,  les douleurs à un mollet puis à un genou, j’ai souffert !!! ( et je suis polie !). Mais ça valait le coup…
La plage est en forme de croissant parfait

Que des belles couleurs… même sur nos visages !

Pendant la descente nous avons pris le temps d’admirer les rochers et les quelques fleurs, rares dans cette forêt d’eucalyptus. Après un déjeuner rapide , indispensable pour me rendre des forces, nous avons fait quelques petits arrêts le long de la mer, toujours dans le Parc de Freycinet. Le premier au phare de Cape Tourville…


Et un autre à Sleepy Bay, bel endroit avec des rochers couverts de lichen orangé…

Et des rochers semblant posés en équilibre instable !

En rentrant à Bicheno nous avons pu admirer ce bel eucalyptus fleuri, le Flowering Gum.

Nous poursuivons notre montée sur la côte nord-est jusqu’à St Helens, le plus grand port de pêche de Tasmanie avec ses… 2050 habitants ! Ce village était une base de la chasse à la baleine au 19ème siècle. Maintenant c’est la porte d’entrée de l’attirante Bay of Fires, une succession de plages de sable blanc, d’eau turquoise et de rochers couverts de lichen orange !

Le nom de la baie lui a été donné par le navigateur anglais Tobias Furneaux qui l’a découverte en 1773. Il avait vu des feux allumés sur la plage par des aborigènes.

C’est un parc national et on peut y randonner…

Ou tout simplement s’y baigner comme ici à Binalong Bay

Ou simplement y faire de jolies photos d’anémone de mer et de coquillage…

ou de petits zoizos, une femelle Blue Wren et une hirondelle !!!

Et aussi des Hooded Plover ou Pluviers à Camail, un oiseau endémique d’Australie de plus en plus menacé par la perte de son habitat. La population globale est d’environ 5000 oiseaux dont 1730 en Tasmanie ! Ici l’on peut voir un adulte et un juvénile.

En partant vers Launceston nous nous sommes arrêtés dans la forêt pour découvrir les St Colomba Falls, les plus grandes chutes d’eau de Tasmanie, 90 mètres de haut.

Nous y avons aussi découvert ce que sont les plantes epiphytes, des plantes ou des arbres qui poussent en se servant d’autres plantes ou arbres comme support.

Et c’est toujours un plaisir de se promener sous l’ombrage des fougères arborescentes.

Launceston est notre nouvelle étape et nous avons trouvé cette ville de 82800 habitants, la seconde de Tasmanie, bien accueillante. C’est la plus vieille ville d’Australie après Sydney et Hobart. La région était déjà habitée par les Aborigènes avant d’être découverte par les anglais en 1798. Les premiers colons s’installèrent ici en 1804 et on peut admirer dans la ville de nombreuses constructions datant du 19ème siècle et du début du 20ème.

Il faut dire que c’est toujours agréable de découvrir un pays sous un ciel bleu.

Et pour ceux et celles qui s’inquiéteraient de savoir ce qu’on peut manger à l’autre bout du monde, ce jour là nous avions choisi des Pies (Tourtes) aux coquilles St Jacques et au curry. On trouve partout ces Pies farcis à la viande ou aux légumes.

En fin d’après midi nous nous sommes rendus dans un parc très apprécié des habitants, Cataract Gorge.

Cette gorge, où se rejoignent les eaux de 2 rivières la South Esk et la Tamar, a été formée il y a des millions d’années par l’activité volcanique. Cataract Gorge est enfermée entre deux falaises abruptes. Le parc permet à chacun de se baigner dans une piscine, de se promener, de faire du sport ou de pique niquer sur ses grandes pelouses. Il y a même un paon qui s’y promène…

A propos d’animaux, l’une des raisons principales de venir en Tasmanie était de rencontrer le Diable ! Eh oui il n’habite que sur cette petite île et bien qu’il soit encore en danger car sa population a été atteinte d’un cancer de la face extrêmement contagieux, sa situation s’améliore grâce à des centres de conservation, d’éducation et de réhabilitation comme celui où nous sommes allés, Towunna !

Le diable de Tasmanie, comme son nom l’indique, ne vit que sur cette île. Il a disparu d’Australie 4 à 5 siècles avant l’arrivée des colons. Autant il peut être mignon comme ici, autant il peut se battre et mordre violemment ses congénères avec sa mâchoire très puissante.

C’est un marsupial carnivore qui se nourrit principalement de charogne mais qui peut aussi chasser des animaux vivants (poissons, wallabies, oiseaux). Son cri, auquel il doit son nom, glace les sens. Il peut s’entendre à des kilomètres et le diable l’utilise quand il se bat avec des congénères pour s’approprier de la nourriture.

A ce moment là il n’y a plus de copains et il vaut mieux éviter de laisser traîner une jambe ou un bras quand on lui donne à manger.

Une tumeur de la face, contagieuse, dégénérant en cancer a provoqué la disparition de 60% de la population des diables. Les scientifiques sont à la recherche d’un vaccin pour les soigner. Les morsures reçues lors de bagarres entre congénères sont probablement à l’origine de cette maladie. Un autre danger menace les diables, ce sont les collisions avec les voitures. Le sanctuaire de Towunna récupère les animaux blessés ou orphelins pour les soigner. Dans ce cas, il n’est pas toujours possible de les renvoyer dans la nature car il n’auraient pas les défenses nécessaires à leur survie. Le jeune diable que l’on voit sur la première photo est dans cette situation et je pense qu’il est bien content de rester dans les bras de son soigneur plutôt que d’aller se battre avec les copains ! Même Georges a pu lui faire une petite caresse.

Un autre animal prénommé Pat, un wombat ayant perdu sa maman lors d’un accident, restera ici en bonne compagnie probablement toute sa vie.

Je ne vais pas vous faire de grand discours sur la vie des wombats mais sachez que l’on peut en rencontrer facilement en Tasmanie et sur la côte est d’Australie. Il peut vivre jusqu’à 30 ans.
Celui-ci aime beaucoup son soigneur et adore qu’on le caresse et qu’on le grattouille !

Petite déception il a le poil un peu raide… moins doux que les kangourous ou que les diables. Mais il a une bonne bouille !

Towunna ne recueille et abrite que des animaux endémiques de Tasmanie et leur offre un habitat proche de leurs conditions naturelles. Le parc est ouvert depuis plus de trente ans, beaucoup d’animaux y vivent en liberté et sont libres de partir quand ils le veulent. C’est le cas d’oiseaux migrateurs, d’oies, de canards et autres poules d’eau.

Les kangourous sont très faciles à approcher, surtout quand on leur donne à manger et nous avons rencontré notre premier Echenidé. Mais nous en reparlerons plus tard…

Dernière rencontre, avec un animal qu’on ne connaissait pas, un Spotted-tailed quoll, un animal qui se prenait pour un chat sur les épaules de son soigneur. Il est d’ailleurs surnommé chat marsupial.

Cet animal solitaire est un marsupial carnivore (oiseaux, lézards, grenouilles) et vit la nuit. Celui-ci est très beau et il semble bien nourri ! Nous avons eu grand plaisir à faire cette visite et nous avons pu voir des animaux en pleine forme, choyés et bien soignés par un personnel compétent et sympathique. C’était une belle journée…

Dernière étape pour aujourd’hui, Deloraine. Arrivés complètement par hasard dans cette petite commune rurale car nous étions à la recherche d’un camping, nous nous sommes posés au Caravan Park au bord de la rivière Meander.

Un endroit bien agréable et bucolique avec ses nombreux canards, ses petits bateaux, son coucher de soleil…

Et surtout, et là je vais vous épater car c’est un événement exceptionnel que vous ne rencontrerez probablement qu’une fois dans votre vie (les australiens nous jalousent), quelque chose qui nous a fait bien souffrir à l’école car on ne savait pas comment l’écrire et encore moins à quoi c’te bête pouvait ressembler… on a vu et photographié… je vous le donne en mille… un Ornithorynque !!!

Bon je vous l’accorde ce n’est pas simple de reconnaître ce mammifère qui pond des œufs, la tête est à droite et la queue à gauche. On aperçoit la fente de son œil. Il est très bizarre cet animal, il ferme les yeux et les oreilles quand il va sous l’eau, il ne sort qu’en soirée au coucher du soleil, il mange des insectes et crevettes d’eau douces (des écrevisses parfois). Et ce n’est pas facile d’en voir un !
Ici on fait plus simple, il s’appelle Platipus… on vous met le modèle en sculpture pour voir à quoi il ressemble.

Voilà pour aujourd’hui, on a encore plein de belles choses à vous montrer, la Tasmanie est une très belle île et nous allons en profiter encore quelques jours avant de nous envoler vers une nouvelle destination.

PS : Certain lecteur nous avait demandé de chercher l’album vinyl “TNT” d’ACDC qui n’est jamais sorti sous cette forme en Europe (les chansons de cet album figurant en fait chez nous sur “High Voltage”).

On l’a trouvé, on l’a photographié, on a mis le prix, les commentaires du vendeur et l’adresse de la boutique.
Un coup de fil et l’affaire peut se régler rapidement !

Allez, Topette !

 

 

11 réflexions sur « Un bon petit diable ! »

    1. Je suis contente que ces incroyables informations te passionnent ! Nous sommes allés à l’autre bout du monde à nos risques et périls pour rencontrer un wombat qui peut être dangereux quand il est en colère. Avec son fessier renforcé (plaque osseuse située sous la peau) il est capable d’étouffer son adversaire en s’asseyant sur sa tête !!! D’ailleurs le plus vieux des wombats est mort à 31 ans, pesait 48 kilos et s’appelait Patrick !
      Bises de la Team Topette

  1. Déjà le titre du billet nous indiquait que c’était la bibliothécaire aux commandes “-”
    Perso, j’ai pas très envie de croiser un diable… un petit air sournois qui ne me rassure pas !

  2. C’est vrai que cette histoire de crotte carrée c’est quelque chose ! On note le sanctuaire aux diables car cela ressemble en effet a un endroit bien respectueux des animaux ce qui n’est vraiment pas toujours le cas… On le redit,il va vraiment falloir qu’on y retourne 🙂

    1. Ce refuge était très bien, peu de visiteurs et des explications pendant une heure. On n’a pas tout compris mais on voyait que les animaux étaient bien heureux. Le petit diable se cachait même la tête dans le coude du soigneur, un grand timide ! Vous avez bien fait d’en garder pour la prochaine fois !
      Bises

  3. Et en plus il y a des magasins de disques ….
    Il faut vraiment que j’emmène un grand sac à dos pour l’après visite à la distillerie “Lark” que je me suis prévu.
    Bises
    philippe

    1. Tant qu’à faire va plutôt à la Sullivans Cove Distillery, ils ont gagné le prix du « meilleur single malt » lors des prestigieux World Whisky Awards de Londres en 2014.
      Bonnes vacances,
      La Team Topette !

  4. 175 dollars pour ce second album ??? sont fous ces Australiens … :-)))
    Bon, d’accord, avec le change ça ne représente “que” 109 € mais on le trouve facilement chez nous pour 35 € environ …
    Bravo à Martine qui égale son Seigneur et Maître aux commandes du blog …:-)))
    Profitez bien …

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