Continuant notre découverte de la Martinique, nous quittons notre hébergement de Saint-Pierre (au nord-ouest) pour rejoindre celui de Sainte-Anne (au sud-est). Devant l’ampleur de la route (80 kms, c’est pas rien en Kia Picanto), nous choisissons de faire une étape au Jardin de Balata, histoire de couper en deux notre long périple.
C’est un jardin botanique situé à dix kilomètres de Fort-de-France qui a été créé en 1982 par son propriétaire, Jean-Philippe Thoze, horticulteur, paysagiste et artiste, qui a réuni une collection d’essences tropicales dans cet ancien jardin familial (celui de sa grand-mère) laissé à l’abandon.

C’est sympa car c’est ombragé, et on découvre pas mal de plantes qu’on ne connait pas telles que les Broméliacées, les Zamiacées ainsi que toutes sortes de Palmiers et de Bambous. C’est très bien mis en scène avec des ambiances différentes qui se succèdent.









En plus en cette saison il y a pas mal de fleurs ce qui ajoute encore au plaisir des yeux.







Et puis bien sûr dans toute cette flore, un peu de faune est installée (ah, je sens qu’on va bientôt voir des oiseaux se disent les plus assidûs de nos lecteurs). Pas faux, mais pas que, tout d’abord une chenille appelé le Sphinx du frangipanier qui deviendra un papillon de grande taille gris avec de gros yeux noir, le Pseudosphinx tetrio. Ensuite une petite nichée de chauve-souris en plein repos et enfin un Merle à lunettes.



Le meilleur pour la fin : plusieurs Colibri Madere, espèce endémique des Antilles bien reconnaissable avec sa gorge rouge (je reconnais que l’abreuvoir aide énormément pour réussir les photos).



Vous pouvez voir que nous avons bonne mine après cette visite superbe qui nous a vraiment emballée (bon je reconnais que pour ma part les Colibris y sont pour beaucoup…).

Nous reprenons la route vers Sainte-Anne, lieu de notre future villégiature. Bon, on ne va pas s’étendre sur la qualité de l’hébergement, mais les voisins étaient bien sympas et l’un deux était natif de Mazangé (Loir et Cher, ces gens-là ne font pas de manières…), petite localité de 800 habitants où réside la soeur de Martine. Rigolo, non ? (surtout quand on le découvre alors qu’on est tous en train de se baigner… Mais comment est-ce qu’on arrive à parler de Mazangé en nageant ?).



Alors Sainte-Anne c’est surtout une destination balnéaire (il y a même un camping et un Club Med, c’est dire). Du coup on a surtout fait baignade vu que la plage était juste au bout de la rue.

De la plage on peut voir le rocher du Diamant, petite île inhabitée qui doit son nom à sa forme générale, en pointe et biseautée, ainsi qu’aux reflets de ses parois à certaines heures du jour, évoquant ceux d’une pierre précieuse (d’après le guide touristique. Bon faut y croire quand même, ou alors avec pas mal de rhum…).

On a aussi été voir l’anse d’Arlet, charmant petit village avec quelques rochers pas très loin de la plage permettant de voir des étoiles de mer et des poissons multicolores en snorkelling (pas de photo des poissons, la GoPro était restée au fond du sac… C’est pas grave, maintenant vous connaissez l’adresse).




A notre retour on a pu constater que nos deux pique-assiettes préférés avaient nettoyé la table des miettes qui restaient du repas. On vous les présente : Monsieur et Madame Sporophile Rougegorge, maintenant appelés Pèrenoir Rougegorge. On peut constater un dimorphisme sexuel très net (ça fait savant non ?).


On reprend la Picanto pour changer une dernière fois d’hébergement et rejoindre Tartane, situé au milieu de la côte Atlantique de la Martinique, sur la presqu’île de la Caravelle. Comme à notre habitude nous allons couper notre voyage (55 kms tout de même) en deux et faire une pause à l’habitation Clément.

L’habiation Clément est une ancienne habitation sucrière coloniale (l’habitation de l’Acajou) située dans la commune du François. Homère Clément, un des tout premiers médecins de couleur de la Martinique, la rachète en 1887 et en fait une distillerie de réputation internationale. C’est aujourd’hui un “centre d’interprétation du rhum” et un musée d’Art contemporain.

C’est aussi encore un superbe jardin très agréable à visiter où on a découvert l’ Arbre boulet de canon (ou Couroupita Guianensis). Ses gros fruits pèsent jusqu’à 6 kg et peuvent rester plus de 2 ans accrochés à l’arbre pour atteindre leur maturité. Comestibles jeunes leur pulpe blanche bleuit à la lumière et est utilisée en teinture d’un beau bleu indigo.



Un baobab (c’est le deuxième qu’on croise à la Martinique !), un Calebassier et un Flamboyant Jaune (ou Arbre de feu).



Tout au long de la promenade dans le jardin, on peut découvrir des oeuvres d’art disséminées au détour du sentier.



Un kapokier (ou Fromager) qui produit le Kapok (les poils fins qui enveloppent les graines), une fibre très légère, imperméable et imputrescible mais très inflammable ce qui a causé l’incendie et la perte du paquebot Normandie dont les gilets de sauvetage en kapok ont pris feu par accident.


De superbes Palmiers Royaux (un Palmier Royal, des Palmiers Royaux ?) très hauts forment une très belle allée, mais notre oeil averti nous fait lever le nez pour mieux regarder la cime de ces arbres…

Et effectivement tout là-haut il y a plusieurs nids de Tisserin Gendarme qui sont quasiment des oeuvres d’art (on aperçoit d’ailleurs un des habitants-artistes sur la deuxième photo, mais on est en bout de zoom…).


Et comme on est dans les oiseaux, on a aussi vu une Gallinule d’Amérique (une poule d’eau comme on dit chez nous) et un Moqueur des Savanes (là on dit rien, il n’y en a pas chez nous).


Une oeuvre intitulée Walla Wallas de Dale Chihuly égaye une petite mare (mais qu’en pensent les poissons ?)

Côté Mangues et Bananes, la saison s’annonce plutôt bien d’après ce qu’on voit dans les arbres. Ca tombe bien les fruits sont autorisés sans restriction (au contraire du boudin créole).


Mais l’Habitation Clément est avant tout une distillerie et donc il y a toute une partie qui montre les anciennes machines utilisées pour transformer la canne à sucre en Rhum.

Bon tout ça s’est bien modernisé, mais il reste une chose qui ne change pas : le vieillissement en fût de chêne.


Bon on va être francs, on a essayé mais le rhum c’est définitivement pas notre truc (même la pauvre bouteille de planteur on a eu du mal à la finir, c’est dire…).
Dans une petite dépendance on a vu une exposition d’artistes locaux dont on vous mets deux oeuvres, une d’Henri Guedon peintre et musicien et une de Robert Manscour sculpteur verrier.


L’intérieur de la maison coloniale est meublée et se visite, alors on l’a visitée.




Pour finir des superbes Bougainvilliers, une dépendance, un très beau Figuier Maudit (le nom fait peur mais en fait c’est juste une espèce de Ficus) et des grandes jarres qui pourraient faire des porte-grands-parapluies.




Après cette belle visite, notre vaillante Picanto nous emmène jusqu’à Tartane, lieu de notre dernier hébergement Martiniquais, doté d’une belle vue sur l’Atlantique.

Bon alors Tartane, c’est tout petit, c’est relax et donc on passe quasiment notre dernière semaine dans l’eau. La première photo c’est l’école. On traverse la petite rue devant et on arrive sur la deuxième photo. Je retournerais bien à l’école moi dis donc !




On a quand même été voir la curiosité locale, le Tombolo à Sainte-Marie. C’est un cordon de sable, de galets et de graviers qui relie l’îlet Sainte-Marie à la terre ferme. Il est invisible de juillet à novembre et se laisse entrevoir de janvier à avril, lordque le niveau de la mer est le plus bas.


Bon c’est pas tout ça, demain départ à l’aube pour prendre l’avion de midi qui nous déposera à la Guadeloupe 45 minutes plus tard.

Allez, Topette !