Ce qui veut dire mot à mot : Nous sommes contents de vous voir.
C’est la façon de souhaiter la bienvenue en Martinique, où notre dernier périple bus-train-navette-avion s’est terminé sans anicroche, marquant ainsi le début de deux petits mois de vadrouille dans les Antilles françaises.
Il y a 45 ans de ça, j’avais prévu de passer dix-huit mois en Martinique avec un treillis sur le dos. Les (heureux) hasards de la vie ont remplacé ça par douze mois à Bordeaux, et maintenant c’est en tongs et beaucoup mieux accompagné que je vais voir à quoi ressemble ce département français surnommé “l’île aux fleurs”.

Première étape à Saint-Pierre, au nord-est de la Martinique, que nous rejoignons grâce à notre petite Picanto de location qui adore les descentes (mais beaucoup moins les montées…).


Saint-Pierre est la plus ancienne localité de la Martinique dont elle fut la capitale économique et culturelle jusqu’en 1902, date de sa destruction par l’éruption de la montagne Pelée le 8 mai au matin.

Un musée a été créé pour sauvegarder la mémoire de cette plus grande catastrophe volcanique du 20ème siècle. On peut y voir de nombreux objets sortis des décombres et apprendre que les 30 000 morts (la quasi-totalité des habitants) et les 380 bateaux coulés dans la baie ont été autant victime de l’onde de choc atmosphérique et de l’inhalation de gaz brûlants (“la nuée ardente”) que de l’incompétence des scientifiques en charge d’évaluer la situation, et de mauvaises décisions politiques avec le refus par le gouverneur de la Martinique, Louis Mouttet, de faire évacuer la ville et de laisser appareiller les navires ancrés dans la rade afin d’assurer le second tour de l’élection législative du 11 mai.


En sortant du musée, on s’est fait survoler pour une Frégate Superbe qui porte bien son nom (et nous a rappelé les Galapagos…).

D’ailleurs en parlant d’oiseaux (c’est un peu notre truc si vous n’aviez pas remarqué), juste en restant sur la terrasse de notre hébergement nous avons pu observer un Colibri Huppé et un Sucrier à ventre jaune.



Délaissant la faune, nous partons découvrir la flore et pour ça, nous nous rendons au Prêcheur (curieux ce nom de bled) et plus précisément à l’Habitation Ceron, une ancienne sucrerie. Comme on était partis à l’aube on a dû attendre l’ouverture (à 10h00) et du coup on a été rejoint par un charmant Héron Vert (qui allonge son cou quand il chasse, mais pas au max : il garde du “mou” pour harponner sa proie).


La promenade dans les jardins, labélisés “Jardin Remarquable” est très agréable car elle est très ombragée (et on ne va pas se mentir, il fait bien chaud), notamment sous un énorme Zamana, élu plus bel arbre de France en 2016 et classé 4ème arbre au concours Européen en 2017, dont l’ombrage avoisine les 5000 m².



Les fleurs c’est joli mais on les connait moins bien que les oiseaux. On vous en met quelques unes quand même pour le plaisir des yeux.










Et pour finir, près de la sortie, un Baobab dont on se dit qu’il a dû être importé.

Et pendant qu’on se promène, les pêcheurs relèvent leurs filets sous l’oeil attentif des pélicans bruns qui attendent la bonne occasion (qui fait le larron).






Sur la plage pendant ce temps deux Quiscale merle sont en train de folâtrer. On ne serait pas surpris de voir des petits bientôt…

Samedi matin, jour de marché à Saint-Pierre, c’est sympa il y a les producteurs locaux qui vendent leurs fruits et légumes et à l’étage on peut déguster les spécialités locales (contre l’avis des médecins m’a-t-on dit…).



Pour les fruits, on a trouvé mieux que le marché, c’est le jardin de notre charmant logeur. Il nous en a fait faire le tour, avec les explications qui vont bien, et nous a gentiement offert quelques échantillons (que les plus botanistes d’entre vous sauront reconnaître).

On avait aussi coupé 4 cannes à sucre qu’on a écorcé, coupé en morceaux puis passé dans une presse qu’on appelle un extracteur de jus. Il en est resorti deux bouteilles de jus de canne. Deux glaçons, un jus de citron vert et c’est le bonheur au fond du palais !





Le lendemain matin, cap sur le Zoo de Martinique, situé sur le site de l’Habitation Anse Latouche. Les ruines des bâtiments (toujours l’éruption de 1902), ont été préservées par Jean-Philippe Thoze et sont présentées dans un jardin botanique et un parc zoologique. Ce serait l’une des plus anciennes habitations de la Martinique (on appelle habitation une exploitation caféière, sucrière ou vivrière).


En se promenant dans les allées il n’est pas rare de se voir couper le chemin par quelques iguanes en vadrouille.


Il y a autant à voir de plantes que d’animaux, la balade est variée. Il y a aussi des bambous magnifiques (si je le tient c’est pas pour l’empêcher de tomber, c’est pour donner une idée de la taille, bande de mauvaises langues !).





Il y avait des singes Tamarin Empereur (qui doit son nom à l’empereur Guillaume II d’Allemagne qui avait lui-même de superbes bacchantes), une Grue couronnée grise, des Ibis rouge et je ne suis pas peu fier de mon combo Flamant rose/Ibis rouge !




Bien sûr on ne pouvait pas ne pas photographier le Loriquet qui nous rappelle ceux qui venait manger par la fenètre de notre cuisine à Sydney (tiens si on allait voir ce qu’ils sont devenus ?). La palme de la cool-attitude revient à ce parresseux qui mange la tête en bas pour éviter de bouger.


Et puis il y a quelques fraudeurs qui ne font pas partie du zoo mais qui passent profiter de la nourriture des collègues captifs (c’est pas joli-joli comme mentalité ça !). On les dénonce dans l’ordre un Cici verdinère, un sporophile rouge-gorge et un Tisserin gendarme avec madame.




En reprenant la voiture on a trouvé un passager clandestin, un Cabrit-bois (sorte de gros criquet). Pas sûr que ça aide la petite voiture à grimper les côtes…

On s’est posé sur notre terrasse, on a vu une nouvelle espèce de lézard (mais on va pas creuser le truc, parce que les lézard c’est comme les fromages il en existe une tripotée), et le joli sucrier à ventre jaune est venu nous saluer.


En plus notre terrasse a vue sur un frangipanier en fleur dont la délicieuse odeur nous rappelle la Polynésie (ah tiens, on y retournerait bien… Non ?).

Le soleil se couche, on va faire pareil (il n’y a pas de honte à emprunter les bonnes idées) et demain, cap au sud !

Allez, Topette !








